Affichage des articles dont le libellé est Défi Lecture 2011. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Défi Lecture 2011. Afficher tous les articles

dimanche 10 juillet 2011

[Défi #26] "Un monde sans elfes" de Jean-Louis Sevilla


Quatrième de couv':
Syriane et Marek sont des elfes, espèce rivale des hommes, autrefois décimée par la peste. Aujourd'hui, les elfes sont traqués par la Ligue, organisation qui recourt aux épidémies, aux conflits internationaux et aux manipulations médiatiques pour les éliminer. Comme les Kennedy, Jim Morrison, Kurt Cobain et tant d'autres, Marek et Syriane sont la proie des limiers, la police secrète de la Ligue. En quelques heures, ils deviennent des fugitifs, abandonnant tout pour échapper aux assassins lancés à leurs trousses et rejoindre les derniers survivants de leur peuple. Qui sont les elfes ? Des anges ? Des résistants ? Des envahisseurs ? Une menace ou un espoir ? Les elfes naissent de plus en plus nombreux parmi les hommes. Ils veulent s'unir pour imposer à l'humanité le droit de vivre à ses côtés. Face à cette résurgence, la Ligue déclenche une guerre totale contre les elfes, contre Marek et Syriane. Un monde sans elfes est un roman d'action. Il plonge le lecteur dans un univers de prédateurs où la différence constitue un danger mortel. Toute la force de ce thriller repose sur une double angoisse : celle des origines et de l'identité.

Avis:

À sa sortie, le roman a été qualifié de thriller féérique. Le déroulement de l’histoire fait penser à une chasse à l’homme, sauf qu’ici ce sont des elfes qui sont traqués par une organisation secrète humaine. Le rythme est mené tambour battant avec un style simple et efficace. Jean-Louis Sevilla ne s’embête pas de détails inutiles et va à l’essentiel. Peut-être à tort, car en fin de compte certains détails du livre manquent d’approfondissement. « Un monde sans elfes » est comme ces films qui privilégient l’action sur la profondeur du scénario. Ce qui nous donne un petit divertissement agréable, mais pas mémorable.

Pendant une bonne partie du roman, on se laisse emporter par l’aventure de Syriane et Marek en se demandant comment tout cela va se terminer. En toute honnêteté, la conclusion tant attendue ne s’est pas présentée. La tension monte, les pions et les enjeux sont posés, mais rien ne se produit. On nous promet une guerre sans merci entre les elfes et les humains, mais on débouche sur un massacre, avec des héros qui fuient on ne sait où. Bref, tout reste en plan, coupé en pleine action. J’ai l’habitude des fins ouvertes avec les films et séries asiatiques, mais ici je n’ai pas adhéré. J’ai juste l’impression que l’histoire qu’a voulu nous raconter l’auteur est inachevée. Quand j’ai refermé le livre, j’ai dit : « et c’est tout ? ».

Ce livre ressemble plus au premier tome d’une série qu’à un one shot. À cause de cette fin et d’une intrigue guère fouillée, ce livre ne marquera pas les annales de la fantasy.

Jean-Louis Sevilla surfe sur les genres sans trop approfondir l’ensemble, ce qui est un peu regrettable, car il y avait vraiment matière à offrir une histoire dense et palpitante. Du coup, les éléments liés à l’imaginaire sont souvent relégués en second plan. Les elfes ne sont pas vraiment différents des humains. Le caractère uchronique de l’histoire est relégué dans le glossaire, alors que tout aurait pu être intégré dans la narration. Ce qui aurait donné un ouvrage bien plus original.
Les personnages sont assez stéréotypés. On a les gentils elfes injustement traqués et tués, et les méchants humains qui massacrent tout ce qui est différent. On peut y voir une métaphore du racisme. Pour les jeunes lecteurs, ce roman peut servir de base pour réfléchir sur la grande question de la différence entre les races.

Mais tout cela reste sommaire, juste de l’ordre d’une mise en bouche qu’on savoure avant de se plonger dans de la fantasy plus ardue.

En conclusion, je dirais que ce roman regorge de bonnes idées, mais traitées à la va-vite. Il ne reste plus qu’à espérer une suite pour que l’auteur approfondisse son univers et ne nous fasse pas regretter cette lecture.

Note: 2,5/5

Défi lecture V&S et Abfa, catégorie imaginaire

jeudi 7 juillet 2011

[Défi #25] "Les fils de l'homme" de P.D James


Quatrième de couv':

Dans l'Angleterre de 2021, frappée de stérilité comme le reste de la planète, plus aucun bébé n'a vu le jour depuis un quart de siècle. La population âgée s'enfonce dans le désespoir ; les derniers jeunes, jouissant de tous les droits, font régner la terreur ; le reste de la population s'accroche à une normalité frelatée sous l'autorité du dictateur Xan Lyppiatt.
Cousin de ce dernier et historien, Theo Faron rencontre un soir une jeune femme, Julian, membre d'un groupuscule clandestin qui défie le pouvoir. Celle-ci va bientôt lui annoncer une nouvelle stupéfiante...

Avis:

Connue pour ses nombreux polars, P.D James (dont je découvre la plume) nous propose ici un intéressant roman d’anticipation, que j’ai plutôt bien apprécié. « Les fils de l’homme », pour moi c’était avant tout l’adaptation cinématographique. Le film avait été un coup de cœur. Aussi, en commençant le livre, je m’attendais à retrouver ce que j’avais vu dans le film. Eh bien, la lecture a été en réalité pleine de surprises. Car entre le film et le livre, on ne trouve qu’un point commun : la stérilité humaine.

Le texte de P.D James est touchant, car l’histoire est assez crédible. La stérilité de l’humanité est loin d’être un sujet fantaisiste, surtout quand on lit ici et là que certaines substances chimiques dans les produits d’hygiène, les emballages, certaines pollutions peuvent entraîner la stérilité. Alors que le film nous entraîne dans un roman d’action et de violence, le livre est davantage une réflexion sur l’humanité. Que ferions-nous dans un tel monde ? Comment réagirions-nous si notre espèce n’avait plus d’avenir ?

Dans ce futur qui pourrait être, nous suivons Théo, un anti-héros à la personnalité complexe. Au début de l’histoire, on se dit qu’il n’est pas vraiment le meilleur candidat pour affronter l’aventure qui l’attend. C’est un homme renfermé sur lui-même, qui traîne comme un pénitent un passé tragique. Blasé, n’aimant guère son prochain, peu enclin à aider son prochain, il va devoir s’impliquer dans le monde et prendre part au destin de l’humanité. C’est un personnage très bien construit qui a le mérite d’évoluer jusqu’à la fin. J’ai fini par bien l’aimer et par réaliser que c’était la seule personne capable d’arriver à prendre soin de cet avenir plein de promesses. 


Le seul reproche que je ferai à ce livre, c’est sa fin trop abrupte. On aurait aimé un épilogue.

J’ai eu un réel plaisir à découvrir ce roman. Bien que le film n’ait pas grand-chose à voir avec le livre, je vous les conseille tous les deux. Une chose est sûre, je vais m’intéresser aux polars de P.D James !

Note: 4/5

Défi lecture V&S et Abfa, catégorie imaginaire

samedi 2 juillet 2011

[Défi #24] "Rebecca Kean - tome1: Traquée" de Cassandra O'Donell



Quatrième de couv':
Nouvelle-Angleterre, Burlington... Pas de délinquance, élue la ville la plus paisible des Etats-Unis, bref, un petit havre de paix pour une sorcière condamnée à mort et bien décidée à vivre discrètement et clandestinement parmi les humains. Malheureusement, en arrivant ici, je me suis vite aperçue que la réalité était tout autre et qu'il y avait plus de démons, de vampires, de loups-garous et autres prédateurs que nulle part ailleurs dans ce foutu pays. Mais ça, évidemment, ce n'est pas le genre de renseignements fournis par l'office de tourisme. Maudit soit-il...

Avis:

Autant être clair, ce roman n’a pas été une révélation et n’a présenté à mes yeux que peu d’intérêt. Il est vrai que je ne suis pas une fan convaincue de la bit-lit, mais ce texte (même s’il ressort les grosses ficelles du genre) n’est pas vraiment exceptionnel.
Il y avait bien quelques éléments intéressants comme le Directum, le mortefilis, les potionneuses, les Vikaris, mais ce n’aura pas été suffisant pour me séduire.
L’intrigue n’est pas très surprenante, et l’on se doute rapidement de qui Rebecca doit se méfier. Seul point positif, l’auteur évite de concentrer toutes les révélations à la fin de l’histoire et s’applique à les disperser au fil des pages. Ce qui permet d’éveiller un peu la curiosité et de donner du rythme à la lecture…
Ce qui m’a le plus déplu, c’est le style de l’auteur. J’ai eu la sensation de lire le premier jet d’un roman. L’écriture est simple, sans grande recherche et le rendu dégage quelque chose d’impersonnel. Le vocabulaire est plutôt basique. De nombreux mots reviennent souvent, comme si l’auteur ignorait l’existence des synonymes. Pour un livre français, les fautes sont nombreuses, certaines sont même dérangeantes, surtout au niveau de la conjugaison. Bref, je trouve malheureux de mettre un tel ouvrage à la vente sans en soigner un minimum la qualité…
Et les personnages ? Encore un autre aspect du roman que je n’ai pas aimé. Mal exploités, ils sont trop stéréotypés, cloisonnés dans un rôle bien précis et du coup ils n’évoluent pas vraiment. Rebecca est une héroïne qui ne me marquera pas. Elle sonne faux et j’ai parfois eu du mal à la considérer comme une prof de fac et une mère de famille. Elle ressemble plus à une jeune femme célibataire, brute de décoffrage et pas très distinguée. Sa relation avec sa fille manque, elle aussi, de crédit. Leurs conversations sont dignes d’un mauvais sitcom.
Concernant, les hommes du roman… j’en ai apprécié aucun, car trop clichés. Ils sont tous grands, musclés, un peu macho… le casting de rêve pour certaines, pas pour moi. Parce qu’en plus, aucun ne respire véritablement l’intelligence. Leurs réflexions et réactions sont assez primaires et ça frôle le ridicule. Leur manière de s’adresser à Rebecca m’a énervé, les « ma douce » à tout bout de champ ont eu raison de ma patience.
Je m’arrêterai là dans ma critique, parce que vous avez compris que je n’ai pas aimé. Il est évident que je ne poursuivrai pas la lecture de cette série… à moins d’avoir envie de me dégoûter à tout jamais d’un genre dont je ne suis déjà pas une accro.

Note: 1/5

 Défie lecture V&S et Abfa, catégorie imaginaire

jeudi 16 juin 2011

[Défi #23] "Raison et sentiments" de Jane Austen


Quatrième de couv':
Raison et sentiments sont joués par deux sueurs, Elinor et Marianne Dashwood. Elinor représente la raison, Marianne le sentiment. La raison a raison de l'imprudence du sentiment, que la trahison du beau et lâche Willoughby, dernier séducteur du XVIIIè siècle, rendra raisonnable à la fin. Mais que Marianne est belle quand elle tombe dans les collines, un jour de pluie et de vent.

Avis:
Ce roman est le premier de Jane Austen que j’ai lu. Il m’aura fallu du temps avant de me lancer, mais c’est chose faite. Et pour être honnête je m’attendais à plus palpitant. Je me souviens d’avoir apprécié la version cinématographique d’Ang Lee, mais je n’ai pas éprouvé la même sensation avec le texte. Je pense que les acteurs ont su donner à l’histoire la petite étincelle qui manque au livre.

À cause de l’univers que nous dépeint Jane Austen, j’ai trouvé la lecture un peu ennuyeuse et pesante… et pourtant il y a de très bonnes choses dans ce roman. Mais j’ai détesté cette petite bourgeoisie campagnarde de l’Angleterre victorienne qui est bien étriquée, méprisante et stérile. L’ennui guette pour la simple et bonne raison que les personnages ne s’intéressent à pas grand-chose. On dirait que leur unique préoccupation est de marier les jeunes gens de leur entourage. Ce qui fait que le roman est rythmé par leurs cancanages. Et il en est ainsi pendant tout au long du roman, d’où l’installation d’une certaine lassitude. Bien sûr, le fait d’avoir vu le film ne m’a pas aidée à savourer pleinement cet ouvrage. À aucun moment, il n’y a eu d’effet de surprise. Je n’ai pas eu l’impression de découvrir quoi que ce soit.

Pour ma part, l’intérêt du roman réside dans l’analyse de société et surtout dans la réflexion sur l’amour. Pour cela, Jane Austen prend deux personnages, deux sœurs, deux opposés. L’une (Elinor) est la raison personnifiée. Face à l’amour, elle opte pour la tempérance et l’introversion. C’est une amoureuse réservée, méfiante et qui évite de manifester trop clairement ses sentiments de crainte de connaître la déception.

Contrairement à elle, sa sœur Marianne est du genre passionnée, et un peu trop exaltée. Elle a la fougue et la naïveté de la jeunesse qui laisse parler son cœur avant tout. Elle passe de la joie extatique à une profonde tristesse en un claquement de doigts. Elle n’a aucune méfiance et se laisse duper. Même si elle est souvent agaçante, on lui pardonne ses faiblesses, car à la fin du livre, elle apparaît plus mûre et plus sage dans son approche de l’amour.

Même si l’écriture de Jane Austen est fluide, facile à lire, car il y a très peu de tournures vieillottes ; j’ai trouvé l’ensemble sans grand dynamisme. Elle nous dépeint une classe sociale inintéressante et à la mentalité assez médiocre. Il s’agit de la petite bourgeoisie campagnarde de l’Angleterre victorienne. Comme leur vie, il ne se passe pas grand-chose dans ce roman. On suit leur petite existence étriquée essentiellement occupée à marier les jeunes célibataires.

Je n’entrerai pas dans les détails de leurs histoires d'amour, mais elles illustrent de manière assez stéréotypée les premiers émois amoureux, mais aussi les premières blessures du cœur. Le tout est certes bien traité, mais cela m’a semblé trop lisse, trop réservé et pas assez exalté et torturé à mon goût.

Il est vrai que je n’ai pas eu le coup de foudre, mais je ne suis pas totalement déçue. Cela m’a permis de découvrir un auteur, et je pense que j’essaierai de lire « orgueil et préjugés » qu’on dit meilleur.

Note: 3/5

Défi lecture V&S et Abfa, catégorie classique

mercredi 25 mai 2011

[Défi #22] "La lignée" de Guillermo del Toro et Chuck Hogan



Quatrième de couv':
Depuis son atterrissage à l'aéroport de JFK à New York, un avion en provenance de Berlin ne répond plus à la tour de contrôle. Le spectacle qu'Ephraïm et son équipe d'épidémiologistes découvrent à bord a de quoi glacer le sang : tous les passagers, sauf quatre, sont morts, en apparence paisiblement. Ont-ils été victimes d'un attentat au gaz ? D'une bactérie foudroyante ? Lorsque, le soir même, deux cents cadavres disparaissent des morgues de la ville, Ephraïm comprend qu'une menace sans précédent plane sur New York. Lui et un petit groupe décident de s'organiser. Et pas seulement pour sauver leurs proches, car c'est la survie de l'humanité tout entière qui est en jeu...

Avis:

« La lignée » n’aura pas été le coup de cœur que j’attendais tant. Avec le nom de Guillermo del Toro sur la couverture, j’espérais une histoire bien plus percutante. Finalement, le résultat est plutôt décevant. Lire un scénario enrobé de descriptions pour lui donner des airs de roman n’est absolument pas ma tasse de thé. Je préfère perdre 1h40 de mon temps à regarder ce genre d’histoire sur un écran de télé plutôt que de perdre plusieurs soirées à écouler 560 pages où l’on frôle souvent l’ennui.


Alors que l’histoire commence bien, tout s’essouffle très vite. Les 150 premières pages évoquent un avion dont tous les passagers (ou presque) sont retrouvés morts. Commencent les questionnements et rien n’avance. S’ajoute à cela une éclipse sur laquelle on fait une fixette ; à tel point qu’on a même le droit à plusieurs pages sur ce qu’est une éclipse… super passionnant ! Puis passé ce cap, on entre dans la phase de transformation des victimes de l’avion. C’est parti pour quelques centaines de pages à suivre chacun de ces individus. On les voit qui se métamorphosent. On les voit qui aspirent avec leur aiguillon le sang de leurs chiens, de leurs proches, de leurs voisins, de passants dans la rue… C’est percutant au début, puis on finit par s’ennuyer, par être irrité parce que l’intrigue n’évolue pas et on en vient à se demander si les auteurs ont vraiment quelque chose de concret à raconter. Et arrivent enfin les 150 dernières pages, probablement les meilleures du livre, celles qui ont réussi à éveiller un peu ma curiosité. Pour ma part, je trouve les 560 pages pas vraiment justifiées, car les longueurs sont trop fréquentes. C’est rébarbatif et les auteurs s’attardent sur des détails qui n’apportent rien et qui nous importent peu. De plus, leur histoire ressemble trop à celles qu’on nous montre dans ces films d’horreur post-apocalyptique où il est question d’attaques bactériologiques ou virales. On aime ou on n’aime pas…

Les personnages quant à eux manquent de profondeur. Les auteurs négligent beaucoup trop ceux qui auraient mérité d’être davantage mis en avant. Ephraïm et Setrakian ont le potentiel pour être des héros auxquels on s’attache. L’un est scientifique et l’autre est un vieil homme rescapé des camps de concentration et qui a déjà eu affaire aux vampires. Les deux hommes se complètent assez bien, même s’ils n’ont pas ce qu’il faut pour affronter l’ennemi, celui qui est à l’origine de cette vague de vampirisme en plein New York et qu’on appelle le Maître. Celui-ci aurait aussi mérité d’être plus étoffé (je pense que ce sera fait dans les tomes suivants, mais tout de même) et son apparition finale m’a légèrement donné l’impression que Voldemort s’était échappé des films d’Harry Potter… étrange sensation que celle-ci. Si les auteurs s’étaient davantage concentrés sur ces trois personnalités, j’aurais été sûrement bien plus séduite par le roman.

Les vampires ? Ce sont des créatures assez proches des zombies. Elles n’ont pas de crocs, mais un aiguillon comme dans « un vampire ordinaire » de Suzy McKee Charnas, mais en plus gore. À part s’en prendre aux autres pour les vider de leur sang, ils ne présentent guère d’intérêt. Seuls les aînés qu’on évoque dans les dernières pages du livre donnent un peu de relief à ces créatures.

Ce roman est l’exemple parfait pour illustrer la dérive de l’écriture cinématographique. Ce livre est un scénario ; d’ailleurs j’avais tendance à y voir un film et non une histoire romancée. Tout y est détaillé à outrance, au point qu’on a même le droit à des noms de marque. Il manque les indications liées aux caméras. On s’attarde beaucoup trop sur ce qui est secondaire. L’intrigue manque de panache. Les trois quarts des personnages sont juste des noms avec aucune personnalité derrière. Alors, c’est sûr ça se lit facilement, ça divertit, on n’a même pas besoin de réfléchir puisque l’intrigue est linéaire et sans surprises ; mais ça n’en fait pas de mon point de vue un livre mémorable.

Même si le cliffhanger est réussi et donne envie de se plonger dans la suite, j’ignore encore si je la lirai.

Alors bien sûr ce que je viens d’écrire n’est que mon point de vue et j’ai bien conscience que ce livre a tout de même des atouts, mais pour les apprécier il faut vraiment être à la base un fan des films du même genre… c’est pour cette raison que je ne le déconseille pas. A vous maintenant de savoir si c’est le genre d’histoire que vous aimez lire, si c’est le style d’écriture que vous affectionnez…

Note: 2,5/5

Défi V&S et Abfa, catégorie imaginaire

jeudi 19 mai 2011

[Défi #21] "Une affaire de famille (tome 1: Princes Marchands)" de Charles Stross


Quatrième de couv': 
Miriam Beckstein, jeune journaliste, découvre un moyen de pénétrer dans une autre dimension. Sur une Terre parallèle qui évoque notre Moyen Âge, elle appartient à une famille étrange : ses membres peuvent passer d’un univers à l’autre. Ce qui facilite certains commerces illicites, dont celui de la drogue. Dans leur monde, ses membres, constituant une mafi a héréditaire, vivent en seigneurs. Le contraste entre les deux univers provoque un confl it entre les valeurs démocratiques de Myriam et la mentalité aristocratique et criminelle de sa famille retrouvée. C’est effrayant, c’est drôle, c’est du Stross. Paul Krugman, prix Nobel d’économie, a salué ce roman et ses suites, dont le véritable thème est la confrontation entre sociétés de niveaux de développement différents.

Avis:

 « Une affaire de famille » n’est peut-être pas une véritable révélation niveau SF, mais ce premier tome a eu le mérite de me divertir. Charles Stross revisite avec habileté les histoires de mondes parallèles en nous offrant un mixage du « Parrain » et du Moyen-Âge. En surface, l’idée peut sembler amusante, mais l’atmosphère de ce roman est finalement assez sombre. Complots, tentative de meurtre, trafics suspects, histoires de clan, mœurs ancestrales douteuses… sont au menu de ce livre.


Myriam, journaliste spécialisée dans les histoires éco-industrielles, est licenciée après avoir mis son nez dans une sale affaire qu’il faut à tout prix dissimuler. Déçue, mais aussi révoltée, Myriam se rend chez sa mère adoptive (atteinte d’une maladie grave). Cette dernière décide brusquement de lui donner le médaillon qu’on avait retrouvé sur sa mère biologique, morte dans d’étranges circonstances. C’est par ce petit médaillon que la vie de Myriam va prendre un nouveau tournant.

Ce qui l’attend, c’est un nouveau monde, parallèle au nôtre, mais vivant selon des lois passées de mode dans notre dimension. Myriam va découvrir peu à peu son passé, mais aussi qu’elle n’est pas la bienvenue dans cet univers où le rôle de la femme est proche de celui d’une vulgaire plante verte. Procréer des héritiers consanguins qui possèdent le Don de voyager entre les mondes semble être leur seule mission.

Ainsi donc, nous suivons Myriam dans cette nouvelle vie, qu’elle va avoir beaucoup de mal à intégrer. Myriam est l’incarnation de la femme moderne. Dotée d’un caractère bien trempé, voire presque viril, elle est loin d’être une cruche disposée à se laisser mener par le bout du nez. Par son travail, elle a appris à douter de tout et de tout le monde, ce qui va lui sauver la vie. Alors qu’un complot vise à l’éliminer, elle a pour objectif de bouleverser les habitudes commerciales peu scrupuleuses de cet univers parallèle qui utilise notre monde pour traficoter avec rapidité et discrétion. Commence alors un cours d’économie, pas vraiment complexe si l’on suit bien ce que nous raconte l’auteur. Le plan de Myriam prend peu à peu forme, et devrait lui apporter quelques problèmes dans le tome suivant.

Le roman est truffé de personnages, tous plus intéressants les uns que les autres, mais dont on a du mal à cerner leurs réelles motivations. De même que Myriam, on finit par se méfier d’eux, même de ceux qui semblent être du côté de la jeune femme.

 Autant le dire, cette lecture m’a vraiment emballée. À tel point que je ne devrais pas trop tarder à lire le second opus. C’est certes un premier tome avec ses imperfections, mais qui plante très bien le décor et les enjeux de l’intrigue. Charles Stross place les pions sur l’échiquier, et cela peut sembler un peu laborieux par moments, mais n’oublions pas qu’« une affaire de famille » est l’introduction d’un cycle de 6 tomes (seulement 3 sont disponibles à l’heure actuelle en France), ce qui sous-entend de nombreuses aventures en perspective, en espérant que la suite tiendra ses promesses bien évidemment.

À ne pas oublier de lire : la préface. Ce sont là quelques pages très intéressantes.

Note: 3,75/5


Défi V&S et Abfa, catégorie imaginaire

mardi 17 mai 2011

[Défi #20] "Murmures d'outre-tombe - Tome 1 Harper Connely" de Charlaine Harris


Quatrième de couv':
" Depuis que j'ai survécu à la foudre, je suis capable de sentir et de revivre les derniers instants des morts. Contrairement aux apparences, cela peut s'avérer utile : on me contacte pour retrouver les personnes disparues... enfin, décédées devrais-je dire. 

Du coup, j'en ai fait mon métier. C'est sûr, tout le monde n'apprécie pas la façon dont je gagne ma vie mais, puisque je dois vivre avec ce "don", autant m'en servir. 

Tolliver, mon demi-frère, m'accompagne. Un associé dont je ne peux me passer. Aujourd'hui, nous allons à Sarne dans l'espoir de retrouver une adolescente. Dénicher le corps ? Facile ! Mais quitter la ville, c'est une autre affaire ! "

Avis:

Avec cette nouvelle série, Charlaine Harris nous invite dans un tout autre registre. Place ici à un polar teinté de fantastique, donc pas de vampires, de loups-garous et autres créatures du même acabit au rendez-vous.

C’est une lecture agréable, idéale pour reposer les neurones, car très honnêtement l’histoire n’a rien de très complexe. Tout commence lorsqu’Harper retrouve le corps d’une jeune fille. Cette triste découverte vient bouleverser la petite bourgade de Sarne où la venue d’Harper est plutôt mal vue. S’en suit une succession de morts et de révélations, mais le tout est traité de manière assez classique. Même le dénouement ne surprend pas et donne vraiment une impression de déjà-vu. J’ai trouvé à ce premier tome des airs de série télé policière ; ce n’est pas négatif, mais pour l’instant ce n’est pas très original.
   
Le style de l’auteur ne change pas beaucoup avec sa précédente série. C’est très simple, peut-être un peu trop parfois. En revanche, elle sait très bien nous mettre dans la peau d’Harper qui n’a d’ailleurs pas grand-chose à voir avec Sookie.

Harper est une jeune femme avec un passé douloureux (parents alcooliques et drogués) et qui a été frappée par la foudre. Suite à cet événement, elle a commencé à sentir la présence des morts. Elle a donc décidé de vendre ses services à tous ceux qui souhaitent retrouver le corps d’un proche. En plus de sentir leur présence, elle voit la cause de leur décès. Considérée par certains comme un être maléfique, la jeune femme tente de mener son existence tant bien que mal. Elle souffre de cette différence, même si elle est convaincue d’aider les gens à faire leur deuil. Elle est loin d’être idiote, mais elle manque parfois de psychologie.

Elle sillonne les États-Unis en compagnie de son faux demi-frère ; je dis faux parce qu’il n’y a aucun lien du sang entre eux. Ils ont été élevés ensemble après le mariage de leurs parents. Si pour certains leur relation semble être gênante, pour ma part ce n’est pas le cas. Ils sont certes très proches, mais ont leur vie sexuelle respective. Tolliver, dans ce premier tome, apparaît comme un homme protecteur, mais il faut dire que sans lui Harper semble bien démunie. Se passera-t-il ou non quelque chose entre eux, on le saura de toute façon dans les tomes suivants…

En plus d’affronter le jugement des gens, ils doivent faire face à une vie familiale pas très simple. En refermant le livre, on se demande s’ils parviendront à renouer le contact avec leurs sœurs cadettes et s’ils retrouveront Cameron, la sœur d’Harper.

Les relations humaines sont l’atout de ce premier tome. Charlaine Harris nous offre un duo très particulier. Elle nous offre aussi une vision de ces petites bourgades américaines où l’on n’aimerait pas forcément vivre.
Je lirai le second tome entre deux livres plus ardus, afin de voir si les personnages sont toujours dignes d’intérêt et de voir si Charlaine Harris étoffe un peu plus ses intrigues.

Note: 2,75/5

dimanche 8 mai 2011

[Défi #19] "Au sortir de l'ombre" de Syven



Quatrième de couv':
Londres, 1889. La guilde d'Ae protège les aethrynes depuis des siècles pour qu'elles se consacrent à leur tâche : garder piégés dans leur ombre de sinistres monstres avides de massacre, les gothans. Lorsque la secte des némésis s'attaque à ces prêtresses, l'organisation est ébranlée par la traîtrise de plusieurs agents d'importance. Les traqueurs William, Christopher et Heinrich, qui sont chargés de la protection de lady Eileen pour une nuit, n'imaginent pas les enjeux de la chasse dont ils feront bientôt l'objet. Mais dans l'ombre d'Eileen, attentif, « Il » sait ce qui est sur le point de se jouer.

Avis:

Même si ASLO ne figure pas dans mes coups de cœur de l’année 2011, il ne m’aura toutefois pas laissée indifférente (et pas forcément de manière négative). Pour un premier livre, Syven fait preuve de beaucoup de maîtrise.

L’auteur nous plonge dans un roman sombre aux accents d’uchronie. Le Londres de la fin du 19ème siècle est vraiment le cadre idéal pour cette histoire. La capitale anglaise avec son humidité, sa grisaille illustre très bien l’atmosphère oppressante et inquiétante qui imprègne les pages de ce livre. S’ajoute à cela la plume de Syven, fluide et élégante, ni trop compliquée ni trop simple. Le rythme est trépidant et les temps morts sont inexistants. Syven a su égrainer les révélations au fil de la narration (c’est une chose que j’apprécie plus que tout), ainsi notre intérêt est suffisamment éveillé jusqu’aux événements finaux.

L’histoire en elle-même tient la route et recèle de très bonnes idées. La meilleure étant bien évidemment celle des Gothans, créatures obscures et terrifiantes qui vivent dans l’ombre et qui sont contrôlées par les aethrynes. La relation entre l’aethryne et son gothan est très forte, très douloureuse, surtout pour l’aethryne qui mène une vie des plus austères, constamment en alerte pour éviter que le gothan prenne le dessus. Eileen, l’aethryne que nous suivons, est loin d’être quelqu’un auquel on s’attache, mais lorsqu’on prend conscience du poids de sa responsabilité, finalement on devient plus tolérant, au point d’éprouver même de la pitié. Alors qu’elle s’épuise à contrôler son Gothan, un autre danger la menace. La secte des némésis enlève les aethrynes pour récupérer leurs gothans et est bien décidée à mettre la main sur le gothan d’Eileen. L’objectif est de protéger Eileen, et la guilde d’Ae (qui recèle elle aussi bien des mystères) la place sous la protection de trois hommes, des traqueurs. William, Christopher et Heinrich forment un trio qui fonctionne bien, mais auquel je n’ai pas réussi à m’attacher.

C’est là où est tout le problème : l’attachement. Même si j’ai aimé l’ensemble du livre, j’ai eu néanmoins du mal à entrer dans l’histoire et à apprécier les personnages, qu’ils soient principaux ou secondaires. Le souci vient de la narration hachurée. On passe d’un personnage à l’autre avec parfois une telle rapidité, qu’on a du mal à se familiariser avec ces individus aux personnalités pourtant intéressantes. Bien sûr, ce genre de narration est efficace puisqu’on a un roman qui regorge d’action. Cela donne l’impression d’être dans un film où les plans se succèdent passant d’un protagoniste à l’autre. Ce n’est pas négatif, mais ça peut fatiguer la lecture et nous empêcher de nous concentrer sur les personnages.

Hormis ce petit hic, le livre a été un agréable moment de lecture que je conseille sans hésitation.

Syven est sans nul doute un auteur à suivre de près !

Note: 3,5/5

Défi lecture V&S et Abfa, catégorie imaginaire

vendredi 6 mai 2011

[Défi #18] "Confessions d'un automate mangeur d'opium" de Fabrice Colin & Mathieu Gaborit


Quatrième de couv': 
Paris, 1899... L'industrie, portée par la force de l'Éther, a révolutionné le monde. Le ciel bourdonne de machines volantes, les automates sont partout qui agissent au service des hommes, hommes qui communiquent entre eux par téléchromos d'un continent à un autre. Dans cette ville moderne où s'ouvre une éblouissante Exposition Universelle, une jeune comédienne, Margo, aidée de son frère psychiatre, enquête sur la mort mystérieuse de son ex-maîtresse et d'un singulier personnage créateur de robots... Écrites à deux mains par deux jeunes auteurs incroyablement doués, ces Confessions d'un automate mangeur d'opium sont un bonheur d'imagination et de virtuosité littéraire, à découvrir au plus vite.

Avis: 

Quand deux auteurs tels que Fabrice Colin et Mathieu Gaborit, aujourd’hui devenus des valeurs sûres de la fantasy française, se réunissent pour nous concocter un roman steampunk, le résultat est loin d’être décevant. Vous aurez compris, j’ai eu un véritable coup de cœur.

Avec ce roman au titre des plus étranges, nous voici plongés en 1899 dans un Paris qui bat au rythme de l’exposition universelle. Margaret Saunders, charmante actrice de théâtre et lesbienne, apprend la tragique et mystérieuse mort de sa meilleure amie. Doutant de la thèse du suicide, elle décide d’enquêter sur ce décès avec l’aide de son aliéniste de frère, Théophraste de Barrias Archimbault. Alors que le nœud de l’intrigue peut nous sembler au départ assez simple et prévisible, les auteurs nous immergent finalement dans une histoire des plus sombre et dramatique. Colin et Gaborit orchestrent cette aventure avec brio. Il y a dans ce roman de l’action, de la violence, de l’amitié, de l’amour, de l’humour, du drame, des rebondissements, une galerie de personnages divertissante… et le tout est dosé à la perfection, si bien qu’on ne ressent à aucun moment l’ennui pointer. La plume élégante et le foisonnement des idées viennent confirmer une fois encore le talent de ce duo d’auteurs.

La force du roman réside d’une part dans les personnages. J’ai eu un coup de cœur pour les deux héros. Frère et sœur, ils sont pourtant très différents. Margaret est une jeune femme d’action. Vive et décidée, elle fonce droit dans les problèmes sans trop réfléchir. Elle est le genre de sœur qui se préoccupe beaucoup de son frère. Théophraste est l’opposé de sa sœur. Plus réfléchi, il pèse le pour et le contre avant de broncher. Ses sentiments pour sa sœur sont un peu ambigus. À eux deux, ils forment un duo d’enquêteurs attachant et amusant. Dans la catégorie personnages, nous trouvons aussi un savant fou qui croit que la technologie et l’éther (substance mystérieuse et dangereuse qui m’a fait penser à l’écryme dans « Bohème » de Gaborit ) sont l’avenir du monde. Et il y a cet automate, autour duquel tout tourne et qui m’a fait autant penser à « Frankenstein » qu’à « I-robot ». Quelques célébrités figurent dans le roman, dont Villier de L’Isle Adam qui tient une place importante.

L’autre point fort du livre, c’est l’environnement. On visualise très nettement ce Paris qui ressemble à celui des vieilles photographies en noir et blanc et qui pourtant est très moderne. Aux calèches se mêlent les cabs, les aéroscaphes… Les automates se développent, ainsi que les robots ménagers, etc. Le résultat est efficace. L’évasion est au rendez-vous et les fans de steampunk y trouveront leur compte.

Colin et Gaborit se posent en héritiers de Jules Vernes et de la grande tradition des romans-feuilletons. N’hésitez surtout pas à vous procurer ce livre, c’est un vrai plaisir à lire.

Note: 5/5

Défi lecture V&S et Abfa, catégorie imaginaire

jeudi 28 avril 2011

[Défi #17] "Koenigsmark" de Pierre Benoît


Quatrième de couv':
Peu de temps après son arrivée en Allemagne, au château du grand-duché de Lautenbourg-Detmold où il a été appelé comme précepteur du fils unique du grand-duc Frédéric-Auguste, Raoul Vignerte, un jeune Français, tombe amoureux fou de la grande-duchesse Aurore. En faisant des recherches à la bibliothèque du château, Vignerte découvre un terrible secret. Entraîné par sa passion, négligeant toute prudence, il va dès lors se trouver plongé au coeur d'un drame. 
Koenigsmark, premier roman de Pierre Benoit, qui devait en écrire plus de quarante, possède toutes les qualités qui lui assurèrent un immense succès : un cadre pittoresque, une atmosphère mystérieuse et envoûtante, une intrigue pleine de péripéties, un héros idéaliste, une femme fascinante.

Avis:

Premier roman de Pierre Benoît, « Koenigsmark » nous plonge dans les souvenirs de Raoul Vignerte, soldat dans les tranchées pendant 14-18. Comme la madeleine de Proust, le nom de « Lautenbourg » ravive les souvenirs de son année passée en Allemagne. Égaré dans ses études et presque sans le sou, il accepte de devenir le professeur de français et d’histoire du rejeton du Grand-Duc Frédéric de Lautenbourg. Arrivé à la cour des Lautenbourg, il va occuper le plus clair de son temps à enseigner et étudier les livres de la bibliothèque, jusqu’au jour où il rencontre la magnifique Aurore de Lautenbourg-Detmold. Veuve du frère du Grand-Duc, elle est une beauté russe au fort caractère. Elle envoûte Raoul Vignerte qui va peu à peu se rapprocher d’elle, au point de devenir son confident. Mais jamais elle ne lui rendra son amour. Comme elle le dit, elle n’aime pas vraiment les hommes. Vignerte est relégué au même rang que la charmante Mélusine, la fidèle dame de compagnie d’Aurore.

Mais résumer « Koenigsbourg » à une simple histoire romanesque ne serait pas rendre justice au reste du livre. Car parallèlement aux émois de Vignerte, nous assistons aussi à une enquête. En fouinant dans les archives de la bibliothèque, Vignerte fait une découverte qui viendra confirmer que la mort de Rodolphe de Lautenbourg n’était pas accidentelle. De cette découverte va découler des événements tragiques : incendie de la bibliothèque dans lequel décède le bibliothécaire, la mort de Mélusine (ce passage est d’ailleurs un moment très fort du roman)…

Puis l’annonce de la Guerre survient. Aurore aide Vignerte à s’échapper. Ils ne se reverront jamais, mais le roman s’achève sur un rebondissement des plus inattendus.

Du style, l’auteur n’en manque pas. Son écriture est fine, élégante, héritée des plus grands du 19ème. On ressent encore le penchant pour les descriptions, parfois un peu abusives et dont on ne perçoit pas forcément l’utilité. Hormis cela, c’est un livre qui se lit avec une grande facilité. Le mystère étant palpable, on se demande où Pierre Benoît veut nous emmener et l'on dévore les pages sans s'en rendre compte.

Des personnages, on retiendra facilement le trio principal composé de Vignerte, Aurore et Mélusine. Vignerte, par cette expérience, découvre la vie, celle qui se joue en dehors des murs protecteurs de l’université. Sûr de lui au début, il va progressivement apprendre la vraie nature des hommes dans cet univers où tout est codé et construit sur les secrets. Aurore est cette femme fatale qui semble au premier abord froide et forte, mais elle est bien plus fragile, et certains de ses actes, aussi extrêmes soient-ils, en témoignent. Mélusine est le personnage du roman qui surprendra le plus. Charmante, elle l’est trop. Sa traîtrise, elle la paiera de sa vie. La relation entre ses trois personnages, dont Aurore est le pilier, fait la force du roman. On s’attache à eux et à leur destin malheureux.

Même si je n’ai pas eu le coup de foudre pour cette histoire, j’ai passé un agréable moment, fait de surprises puisque j’ignorais absolument tout du contenu lorsque j’ai commencé ma lecture.

Note: 3,5/5

Défi lecture V&S et Abfa, catégorie classique

jeudi 21 avril 2011

[Défi #16] "Othello" de William Shakespeare



Célèbre tragédie shakespearienne, "Othello" met en scène le drame de la jalousie, à la fois sociale et amoureuse.

Fraîchement marié à Desdémone, Othello (le Maure vénitien) est convié à détruire la flotte turque. Mais l’affrontement n’aura jamais lieu à cause d’une tempête. Il devient alors le gouverneur de Chypre où il part s’installer avec sa tendre épouse et ses fidèles serviteurs. Parmi eux, se trouve Iago, le perfide, celui par qui le drame arrivera. Contrarié de ne pas devenir le second d’Othello, à la place de Cassio, il va mûrir sa vengeance. Il commence par mettre en défaut Cassio, afin qu’il perde l’estime d’Othello. Une fois Cassio évincé, il s’attaque à Othello en lui insufflant le terrible sentiment de la jalousie. En lui racontant que Desdémone et Cassio entretiennent une relation plus qu’amicale, il entraîne Othello vers de sombres desseins qui déboucheront sur un dramatique dénouement comme Shakespeare savait le faire.
    
« Othello » est un drame domestique comme on peut en trouver dans la vraie vie, et c’est pour cette raison que l’histoire nous parle encore aujourd’hui. De mon point de vue, j’ai trouvé l’ensemble assez classique, et sans grande surprise. Même le jeu de la manipulation est efficace de cruauté, je dois avouer que ce n’est pas la pièce de Shakespeare qui me marquera le plus.

Ce qui fait, à mes yeux, la force de cette pièce de théâtre, c’est le personnage de Iago. Impossible de rester neutre devant autant de malice. Habile manipulateur, nous assistons (en spectateurs impuissants) à l’élaboration de son machiavélique dessein. Ses paroles, tour à tour aimables et venimeuses, font mal et nous donnent envie de le lapider en place publique. Il est intéressant de voir comment il parvient à embrouiller l’esprit des autres personnages, comment il fait naître le sentiment de jalousie dans le cœur d’Othello, trop naïf pour cerner la personnalité machiavélique de celui qu’il estime le plus.

C’est une œuvre assez aisée à lire. À part quelques tournures un peu poussiéreuses (qui ont leur charme), l’ensemble est facile à appréhender. Ce que j’apprécie dans les dialogues de Shakespeare, c’est cette capacité de nous faire ressentir les sentiments des personnages. Le rythme est soutenu, il n’y a pas véritablement de temps mort et l'on sent au fil des pages la tension qui monte.
   
En bref, Othello ne marquera peut-être pas ma vie de lectrice, même si j’ai aimé découvrir ce texte qui doit sûrement être plus passionnant à découvrir sur scène.

Note: 4/5

Défi lecture V&S et Abfa, catégorie Théâtre
   

mardi 19 avril 2011

[Défi #15] "Shin Shunkaden" de Clamp



Shin Shunkaden est un one-shot de Clamp, publié chez Glénat en 2005, et qui s’inspire très librement d’une célèbre légende coréenne. D’ailleurs, Clamp n’hésite pas à spécifier au tout début de l’histoire que l’héroïne de la légende « a quelque peu changé ». Nous suivons donc les aventures de Chu Nyan, la fille de la célèbre prêtresse shinban Myon Fa. L’histoire commence par un fait divers montrant du doigt le pouvoir abusif du ryanban (gouverneur chargé de prélever les impôts), Chu Nyan vient au secours de la jeune victime et montre clairement qu’elle se révolte contre l’autorité. Se croyant protégée par son statut, elle est loin d’imaginer que son geste va entraîner la mort de la personne qui lui est la plus chère au monde. Une nouvelle vie commence pour elle. Elle se joint à Muron, l’Amenosa (l’espion chargé de s’assurer que les ryanban n’abusent pas de leur autorité). À eux deux, ils vont venir en aide aux populations soumises à la tyrannie de leur ryanban.

L’histoire ne connaît pas de temps mort. Il y a des scènes d’action, de la magie, des disputes entre Chu Nyan et Muron. Le seul point négatif : la fin. On reste avec des zones d’ombres, des non-dits qui donnent une désagréable impression d’inachevée. On dirait une sorte de mise en bouche pour nous donner envie d’aller plus loin, pour nous pousser à découvrir la véritable légende de Chu Nyan et Muron.

Chu Nyan est l’axe central du manga. C’est une ado avec une personnalité qu’on ne peut qu’aimer. Le cœur sur la main, joviale, elle donne envie d’être son amie. Mais il ne faut pas se fier à son sourire, car la jeune fille peut être une vraie furie qui n’a pas peur de donner des coups. Et sa plus grande victime est Muron. Le pauvre n’arrête pas d’être martyrisé pour n’importe quel prétexte. Exemple à suivre… ou pas, il n’en reste pas moins qu’on rit de bon cœur lorsque le poing de Chu Nyan apparaît et qu’on voit la tête de Muron en pleure dans la vignette suivante. Malgré le comportement de Chu Nyan, Muron est amoureux d'elle. Et même s’il apparaît comme nigaud, Muron est loin d’être faible. C’est l’Amenosa, il a tout pouvoir sur les ryanban et accessoirement dans la version clampesque il pratique la magie. Bien sûr, on aurait aimé une suite, histoire de voir comment allait évoluer leur relation.

Graphiquement, on reconnait immédiatement le style des Clamp, c’est fin et joli. Seul inconvénient, le format de publication qui est, certes très facile à mettre dans un sac à main, mais qui est trop petit pour pleinement apprécier le graphisme.

Bien sûr, il faut aimer le travail de Clamp pour dévorer ce manga, car on retrouve ici tout ce qui fait leur univers : amour, amitié, humour, magie, etc. Alors évidemment nous sommes dans du Clamp et il faut s’attendre à des attitudes parfois un peu neuneu venant de la part des personnages, à un humour bon enfant et à une bonne dose de gentillesse attendrissante. Pour ma part, ça me fait toujours rire.

J’ai donc passé un bon moment, peut-être parce que je suis à la base assez bonne cliente de la production des Clamp (même si je n’ai pas tout lu).

Note: 4/5

Défi V&S et Abfa, catégorie manga/BD

mardi 12 avril 2011

[Défi #14] "Le faucon de Malte" de Dashiell Hammett


Quatrième de couv':
Beaucoup auraient remué ciel et terre pour se l'approprier, ce faucon. Certains y avaient déjà laissé leur peau. Le détective Miles Archer lui-même y était resté. Mais son associé, Sam Spade, rusé, tenace, entreprenant jusqu'au cynisme, les manoeuvre comme des enfants. Il esquive même de justesse les pièges que lui tend Brigid O'Saughnessy, la fausse ingénue, et touche au but. Mais saura-t-il tirer profit de cette victoire ?

Mon avis:

Parfois, on se demande, en refermant un livre, pourquoi on ne l’a pas lu plus tôt. C’est ce qui m’est arrivé avec « le faucon de Malte » de Dashiell Hammett. Traînant sur une des étagères de la bibliothèque familiale depuis les années 90 (oui, mon édition date de 1992), c’est un roman qui avait rejoint ma pal à l’époque du lycée, mais un je-ne-sais-quoi m’a toujours fait hésiter à le lire. Et je ne peux que saluer le bienfait du défi de lecture qui m’a donné un bon coup de pied dans le postérieur pour liquider certaines lectures en retard (bon, j’avoue qu’il s’agit d’un énorme retard dans le cas présent).

Vous aurez donc compris que je ne regrette pas cette lecture. Bien au contraire, j’ai envie de la recommander à celles et ceux qui aiment les polars ou qui souhaitent découvrir le genre.

Publié en 1936, « le faucon de Malte » met en scène l’un des détectives les plus célèbres. Il s’agit de Sam Spade, héros principal du roman (et de trois autres nouvelles), il est l’incarnation de « l’homme », vous savez de ce type qui dit-on revient à la mode, que l’on qualifie de macho. Sam Spade a une personnalité de mâle dominant, sûr de lui, roublard (il le faut quand on veut duper les truands), un chouia cynique et sarcastique, protecteur avec la gent féminine qu’il estime toutefois inférieure à lui. Même s’il salue les compétences d’Effie, sa charmante secrétaire, il lui fait bien comprendre que c’est lui qui résout les enquêtes et que de ce fait il est bien plus intelligent qu’elle. Même si leur relation est assez archaïque (le féminisme est quand même passé par là, enfin en théorie…), elle est la plus sincère du roman, car il n’est pas vraiment question de jeu de dupe entre eux. En revanche, dans le reste du roman, le casting que nous propose Dashiell Hammett est plutôt relevé : vamp, veuve joyeuse, truand à l’embonpoint répugnant, petite frappe… toute la panoplie du parfait roman noir y est. Et c’est savoureux ! Aucun n’est blanc ou noir, y compris Sam Spade et les flics. Dashiell Hammett nous montre ainsi que la frontière entre le bien et le mal est des plus floues et qu’il est parfois aisé de pencher vers l’illégalité.

Autre point fort, le style de l’auteur. Avec ce roman, on sent les prémices d’une écriture très répandue de nos jours, à savoir le style cinématographique. Pas toujours très bien utilisé malheureusement, le style est pourtant ici très efficace. On a un rythme soutenu, avec de nombreux dialogues, des scènes de bagarres, des morts, des rebondissements et de fausses révélations qui brouillent notre jugement. Même si les descriptions sont minimalistes, elles apportent suffisamment d’éléments pour cerner psychologiquement et physiquement les personnages. 


En somme, c’est un livre sans réelle faiblesse (à part peut-être une fin pas très surprenante) qui se laisse lire sans aucune difficulté et qui peut encore aujourd’hui servir de référence.

Note: 5/5

Défi lecture V&S et Abfa, catégorie classique



mercredi 6 avril 2011

[Défi #13] "L'enfant des cimetières" de Sire Cédric


Quatrième de couv':


Un fossoyeur vivant près d'un cimetière est pris d'une folie hallucinatoire et tue toute sa famille avec un fusil à pompe avant de se suicider. Un adolescent, se croyant poursuivi par des ombres, menace de son arme les occupants d'un hôpital et tue Kristel, une artiste peintre. Plongé dans cette épidémie meurtrière, David, photojournaliste et compagnon de Kristel, décide de mener l'enquête. Avec l'aide d'Aurore, une jeune collègue ambitieuse, et du commandant de police Vauvert, ils vont être bientôt confrontés à l'inimaginable. Meurtres sordides et suicides pour le moins étranges s'enchaînent sous les yeux terrifiés des trois enquêteurs. Nathaniel, aussi insaisissable que
maléfique, n'est pas un jeune homme ordinaire... L'enfant des cimetières prend un plaisir manifeste à tuer, à prolonger l'agonie douloureuse de ses victimes. Homme ou démon ? Rien ne semble pouvoir l'arrêter dans son abominable quête. David, qui n'a plus rien à perdre, est prêt à tout pour venger Kristel, quitte à suivre Nathaniel jusqu'en enfer.


Avis:


Il aura fallu la publication de « l’enfant des cimetières » en poche pour me décider à lire du Sire Cédric. Autant le dire immédiatement, ce roman n’aura pas été une véritable révélation pour moi. J’ai eu l’impression de me replonger dans certains bouquins américains des années 80-90 où l’ésotérisme était utilisé à toutes les sauces. Ce n’est pas que ce soit désagréable, au contraire j’aime bien ce genre d’histoires, mais comme on dit, il n’y a « rien de nouveau sous le soleil ».


L’intrigue, que j’ai trouvée assez classique, est plutôt bien menée et éveille néanmoins notre intérêt jusqu’à la fin. Sire Cédric sait nous laisser dans le flou en distillant très peu d’informations. Il se concentre sur l’évocation de la légende urbaine et sur les scènes macabres pour divertir notre esprit et nous éloigner de la véritable enquête, afin de nous surprendre avec les révélations finales. Ça fonctionne… pendant un certain temps. Je dois avouer qu’à un moment j’ai eu la sensation de faire un peu du sur place. Il faut dire que le côté gore, chez moi ça ne fonctionne pas vraiment. Pas de chair de poule, ni de peur au rendez-vous… du coup l’ennuie a un peu guetté. Heureusement dans les 150 dernières pages, le rythme a repris de manière assez effrénée et j’ai repris goût à lire le livre.

Concernant les personnages, j’ai eu un peu de mal à me lier à eux. Certains d’entre eux manquaient de profondeurs, et ressemblaient plus à des figurants. Le commandant Vauvert est celui qui m’a le plus plu, car sa personnalité est en relief et il arrive à nous surprendre dans son comportement. David, autre personnage principal, fait naître un sentiment de pitié puisqu’il vient de perdre la personne qu’il aimait le plus. Et en même temps, il a su me faire rire ; principalement dans les quelques passages où il est blessé. Au lieu de penser à la gravité de ses blessures, il pense aux microbes qu’il pourrait attraper. Je sais, c’est idiot d’avoir retenu un détail pareil, mais ça m’a fait rire. Les méchants (que je ne citerai pas pour éviter de spoiler) sont vraiment bien barrés, et frôlent tout de même le cliché de base.

En conclusion, je dirais que c’est un livre idéal pour tuer le temps sans trop se triturer les neurones, idéal aussi à quiconque veut se faire peur avec des scènes sanguinolentes. Pour ma part, l’expérience m’a moyennement convaincue. Pourtant, je lirai encore du Sire Cédric, histoire de voir…

Note: 3/5

 Défi lecture V&S et Abfa, catégorie imaginaire

mercredi 30 mars 2011

[Défi #12] "Le monde vert" de Brian W. Aldiss



Quatrième de couv': 
La Terre se meurt sous la menace du Soleil sur le point d'exploser. A sa surface s'étend une immense jungle peuplée de végétaux qui se sont peu à peu adaptés à cet environnement hostile. Les derniers descendants de l'espèce humaine tentent tant bien que mal d'échapper aux nombreux périls qui les entourent. Gren, un enfant- homme séparé de son clan, part à l'aventure et, en affrontant diverses espèces végétales, le plus souvent mortelles, découvrira certains des secrets de ce nouveau monde, intégralement vert.

Mon avis:


« Le monde vert », livre de science-fiction des années 60, est une aventure livresque des plus étranges. Cela faisait un certain temps que je ne m’étais pas replongée dans la SF, et je dois avouer que cette lecture _ bien que déroutante_ m’a redonné envie de m’intéresser à nouveau au genre. Autant le dire, « le monde vert » n’est pas un livre évident à aborder. D’ailleurs, le style de l’auteur y est pour beaucoup. Son écriture fait preuve d’une neutralité quasi scientifique, qui peut rebuter. Mais une fois l’étape de l’adaptation franchie, on vagabonde dans ce monde vert des plus étouffants et angoissants.

Brian W. Aldiss nous projette dans un futur très, très lointain. Nos points de repère dans cette lecture se résument à une poignée de mots, tels que : humain, Terre, Lune, morille ou encore poisson. Au-delà de ces termes, le reste ne ressemble pas à grand-chose de ce que nous connaissons. La Terre est désormais reliée à la Lune par une sorte d’immense toile d’araignée végétale. Le soleil se meurt et le monde est en train d’agoniser. La planète Terre est recouverte d’une végétation dense, aux proportions hallucinantes. Gigantesque, meurtrière, elle est devenue l’ennemie de l’homme qui pour s’adapter à cet univers a dû rapetisser. Limité mentalement, l’être humain n’a pour principal objectif que de survivre dans ce monde hostile où il est devenu la proie. Je n’entrerai pas davantage dans les détails farfelus qu’on peut trouver dans ce roman, mais cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un livre qui me donne autant la sensation d’être dans une autre dimension.

Et pour ce qui est des personnages, je dirai que c'est l’élément que j’ai le moins apprécié dans ce livre. Ils sont ennuyeux et comme ils ne sont pas très évolués mentalement, ils semblent constamment tourner en rond. Mais dans « le monde vert », le personnage principal est avant tout la végétation. Et pour ceux qui ne sont pas adeptes de description, il vaut mieux passer sa route.
 
En conclusion, je dirais que c’est un ouvrage ambitieux qui illustre très bien ce qui se faisait dans les années 60 en matière de science-fiction, mais qui peut être difficile à aborder pour des lecteurs peu habitués à ce type d’ouvrage.

À conseiller aux plus réceptifs et aux habitués de la SF. Si le genre vous rebute, si vous avez besoin de vos repères habituels, passez votre chemin, car vous risquez d’être largué.

Note: 3/5

 Défi lecture V&S et Abfa, catégorie imaginaire