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mercredi 22 février 2012

[Défi 2012 #4] "Le feu de la Sor'cière" de James Clemens



Quatrième de couv':

Par une nuit fatale à Alasea, pays ravagé par une malédiction, trois mages accomplissent un ultime sacrifice dans l'espoir, de préserver le bien. Cinq cents ans jour pour jour après cette nuit funeste, une jeune fille hérite d'un pouvoir perdu depuis longtemps. Mais avant qu'elle puisse en saisir les implications, le Seigneur Noir lance ses hordes des ténèbres pour s'emparer de la magie embryonnaire qu'elle détient. Dans sa fuite, Elena est précipitée vers une issue terrible... mais aussi vers la compagnie d'alliés inattendus, avec lesquels elle va tenter de combattre les forces maléfiques et de secourir un empire autrefois glorieux.

Avis:


Trois ans se sont écoulés avant que je ne me décide à lire ce roman qui traînait sur mes étagères. En toute franchise, je suis très mitigée concernant cette lecture. Vu l’épaisseur du livre et l’engouement généralisé, je m’attendais à quelque chose de plus consistant. Le contenu de ce premier tome ne m’a pas conquise. Habituée à lire de la fantasy, j’ai trouvé l’histoire écrite par James Clemens assez classique et sans la moindre surprise.

535 pages : en temps normal, c’est un nombre de pages qui ne me dérange pas. Mais ici, vu le contenu de l’histoire, j’ai envie de dire que c’est abusif et injustifié. James Clemens, en dépit d’une plume agréable, est l’exemple type de l’auteur qui brode à outrance en s’attardant sur des détails qui ne servent même pas l’intrigue. Je n’ai rien contre les descriptions quand elles apportent des informations utiles, ce qui est rarement le cas dans ce livre. Connaître les moindres faits et gestes des personnages m’a vite agacée ; et j’ai fini par lire en biais (ce que je n’aime pas faire).

On sait rapidement à quoi s’attendre, et cela émousse un peu la curiosité. Le but de ce premier tome est la constitution de la compagnie qui escortera la Sor’cière dans son périple… ça ne vous rappelle pas quelque chose. J’ai essayé de m’intéresser aux protagonistes, mais aucun ne m’a vraiment plu. Même si je dois admettre qu’ils ont des personnalités étranges qui peuvent éveiller un peu l’intérêt.

Autre chose déplaisante : l’abondance de l’apostrophe. James Clemens aurait pu se donner un peu plus de mal pour inventer des noms, parce que reprendre notre vocabulaire, en divisant les mots avec des apostrophe n’a absolument rien d’original. Il l’aurait fait pour un ou deux termes, cela n’aurait pas été dérangeant, mais il a exagéré.

En bref, ce premier tome ne m’ayant pas passionné, je ne suis pas sûre de lire la suite.

Si vous cherchez un roman de fantasy qui sort des sentiers maintes fois battus, passez votre chemin, car vous n’y trouverez peut-être pas votre compte. Mais si vous aimez une fantasy fidèle à certains codes ou que vous souhaitez découvrir le genre, alors tentez l’aventure.

Note: 2/5

 Catégorie "Fantasy"

mardi 21 février 2012

"Le chuchoteur" de Donato Carrisi



Quatrième de couv':


Cinq petites filles ont disparu.
Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière.
Au fond de chacune, un petit bras, le gauche.

Depuis qu’ils enquêtent sur les rapts des fillettes, le criminologue Goran Gavila et son équipe d’agents spéciaux ont l’impression d’être manipulés. Chaque découverte macabre, chaque indice les mènent à des assassins différents. La découverte d’un sixième bras, dans la clairière, appartenant à une victime inconnue, les convainc d’appeler en renfort Mila Vasquez, experte dans les affaires d’enlèvement. Dans le huis clos d’un appartement spartiate converti en QG, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire : tous les meurtres sont liés, le vrai coupable est ailleurs.
Quand on tue des enfants, Dieu se tait, et le diable murmure…

Avis:


Je me méfie toujours des livres trop plébiscités, souvent à raison d’ailleurs. Mais cette fois, je dois admettre que je rejoins la majorité pour dire que ce livre offre un bon moment de lecture.

Je n’entrerai pas dans les détails de l’histoire pour éviter de trop vous en dévoiler. Mais une chose est sûre, c’est que l’auteur a su très bien se débrouiller avec son intrigue. Il nous mène par le bout du nez en nous conduisant vers des pistes qui n’ont au premier abord rien en commun. Il nous surprend avec de nombreux coups de théâtre, et ce, jusqu’à la fin. Pour un premier roman, « le chuchoteur » est un thriller remarquable qui ne laisse pas indifférent. Le style de l’auteur est agréable et fluide. On pourrait peut-être lui reprocher un côté un peu trop professoral. Par moments, j’avais l’impression de lire un cours sur les autopsies et la psycho, mais Donato Carrisi est tout de même parvenu à nous éviter l’ennui, grâce à un peu d’action et aux rebondissements. C’est pour cette raison que je trouve ce roman vraiment bien maîtrisé.

Sinon, l’équipe d’enquêteurs est assez étrange. Chacun d’entre eux est difficilement cernable, avec des zones d’ombre dans leur personnalité et leur vie. Mais c’est ce qui fait tout l’intérêt puisqu’ils sont eu cœur de cette intrigue dans laquelle ils sont finalement des pions. C’est même assez fou d’imaginer que des flics peuvent être aussi aisément manipulés. Mais en face d’eux, il y a un « chuchoteur », un serial killer du même genre que Charles Manson. J’ai trouvé très intéressant l’approche psychologique sur les serials killers, l’auteur s’est bien renseigné et ça donne envie d’en apprendre plus.

Donato Carrisi sera très certainement un auteur que je suivrai dans le futur.


Note: 4/5


jeudi 22 décembre 2011

"La prime" de Janet Evanovich



Quatrième de couv':
Adieu froufrous, adieu dentelles. La lingerie, c'est fini. Stéphanie Plum, trente ans, n'a plus de boulot. Sa télé est au clou, son frigo est vide et elle se désespère. Heureusement, il y a son cousin Vinnie ! Il dirige une agence de cautionnement et cherche un chasseur de primes... Elle décroche le job et se retrouve sur les traces de Joe Morelli, un flic accusé de meurtre. Un malin, un dur, un séducteur... D'ailleurs, ce ne serait pas le même Joe Morelli qui l'a séduite et abandonnée lorsqu'elle avait seize ans ? Une raison de plus pour le retrouver !

Avis:
« La prime » est une comédie policière qui fleure bon les années 90 et que j’ai trouvée plutôt divertissante. Si vous cherchez à décompresser, c’est la lecture idéale. Bien sûr si vous cherchez du polar sérieux, complexe et sombre, passez votre chemin. Ici, l’auteur mise sur la légèreté et l’humour pour divertir un lectorat essentiellement féminin.

Son héroïne Stéphanie Plum est une héroïne qui ressemble beaucoup à celles qu’on rencontre dans la chick litt. Stéphanie Plum est une trentenaire, célibataire et au chômage, vivant dans un appartement sans standing avec pour animal de compagnie un hamster appelé Rex. Ce n’est pas forcément un canon de beauté et niveau look, ça laisse à désirer (les cyclistes en lycra et les grands tee-shirts difformes m’ont rappelé des souvenirs). Héroïne malgré elle, Stéphanie Plum va se retrouver à bosser pour son cousin Vinnie en tant que chasseuse de primes, afin de pouvoir payer ses diverses dettes en attendant de trouver un boulot plus tranquille.

C’est avec son innocence et son habitude à foncer tête baissée dans les ennuis qu’elle débarque dans un monde professionnel qui va parfois la dépasser. Entre mettre la main sur un ex, gérer un violeur sadique et sa famille, elle a de quoi s’occuper. Elle accumule les gaffes, mais finit toujours par retomber sur ses pattes, grâce à deux hommes. Il y a d’un côté Ranger, chasseur de prime, rôdé aux arrestations musclées et agissant parfois en dehors des limites de la loi. Et il y a Morelli, le flic accusé d’avoir commis un meurtre et qu’elle doit retrouver. Mais finalement, c’est toujours lui qui la retrouve pour généralement lui venir en aide.

L’humour est au rendez-vous. L’auteur a un style vif et très imagé. Il est vrai que parfois certaines comparaisons sont plutôt faciles, mais elles font tout de même sourire.
Même si l’on sait qu’elle va s’en sortir, on se demande de quelle manière. Stéphanie est une héroïne attachante, et je lirai sous peu la suite pour voir comment évolue sa relation avec Morelli.

À noter la sortie prochaine de l’adaptation cinématographique… Le titre choisi par les traducteurs laisse franchement à désirer. 

Voici la bande-annonce :


Note: 3,5/5

mardi 13 décembre 2011

"Drive" de James Sallis



Quatrième de couv':
Dans un motel de phoenix, un homme est assis, le dos au mur d'une chambre, et il regarde une mare de sang qui grandit à ses pieds. Ainsi commence Drive, l'histoire, selon James Sallis, d'un homme « qui conduit le jour en tant que cascadeur pour le cinéma, et la nuit pour des truands ». Dans la grande tradition du roman noir, il est « doublé » lors d'un hold-up sanglant, et bien qu'il n'ait jamais auparavant participé aux actions violentes de ses partenaires occasionnels, il se met à traquer ceux qui l'ont trahi et ont voulu le tuer. 

Drive a été porté à l'écran par Nicolas Winding Refn, avec Ryan Gosling, et a remporté le prix de la mise en scène au festival de Cannes 2011. « L'univers de Sallis, fait de poésie et d'empathie, reste atypique et toujours fascinant. » Paris Match

Avis:

175 pages d’ennui, voilà ce que j’ai ressenti au fil de cette lecture. Par chance, il n’y avait pas 100 ou 200 pages de plus, parce que j’aurais sans nul doute abandonné bien avant la fin.

L’histoire n’a rien d’exceptionnel et n’offre aucune surprise. L’auteur nous présente un type dont on ne saura jamais le nom, dont on ne saura finalement que peu de choses. De ses émotions et sentiments, on ne ressentira rien. En clair, cet individu nous restera étranger du début à la fin. Les personnages secondaires sont tout aussi inconsistants et inintéressants que le « Chauffeur ». Quand on lit ce livre, on se dit que la vie de truand et de tueur est aussi terne et ennuyeuse que la vie de M. et Mme Tout-le-Monde.

Le style de l’auteur ne m’a pas séduite. Encore un auteur qui fait dans le minimalisme. Le rendu est froid et impersonnel. De mon point de vue, cela n’a rien de passionnant. James Sallis nous énumère des faits et installe une distance entre nous et ce qui se passe dans son histoire. De plus, l’accumulation des flashbacks qui s’entremêlent au fil des chapitres a de quoi nous embrouiller à certains moments. Certes, il y a de bonnes idées pour une bonne histoire, mais le fait qu’on n’entre jamais vraiment dans les détails, fait qu’on reste sur notre faim.

Alors, je n’ai pas vu la récente adaptation cinématographique, et comparer les deux oeuvres m'est impossible. La lecture du roman me laisse dubitative, mais en même temps elle me rend encore plus curieuse de visionner le film. J'aimerais bien voir comment le scénariste a su rendre attractive cette histoire.

« Drive » (même s'il a fait le buzz ces derniers temps) ne figurera pas dans mon top 10 des meilleurs livres lus cette année. Il ne marquera même pas ma vie de lectrice, et j'en suis désolée.

Note: 2/5

mercredi 30 novembre 2011

"Un secret de famille" (tome2: Princes marchands) de Charles Stross



Quatrième de couv':
Miriam, jeune journaliste sur le point de livrer un scoop, a été kidnappée. Elle se trouve dans un univers parallèle proche du Moyen Age et doit s'y adapter. Miriam et sa protégée Brillana sont victimes d'attentats. Ces coups fourrés proviennent d'un troisième monde proche du XIXe siècle industriel. Miriam se donne pour but de moderniser ces deux mondes avec nos technologies modernes.

Avis:

Retrouver Miriam a été un réel plaisir. La jeune femme est toujours elle-même, avec son caractère bien trempé et sa volonté de réussir ses projets coûte que coûte. Toujours en danger, elle doit se méfier de tout le monde, y compris des personnes qui lui viennent en aide. En découvrant un troisième monde parallèle, elle va pouvoir mettre enfin en place son projet économique qui repose sur la vente des idées. Mais rien ne se fera dans la facilité, car une branche du Clan soi-disant disparue va réapparaître. Les problèmes se multiplient, les menaces aussi. Sur la corde raide tout au long de ce tome, Miriam va faire preuve d’une sacrée détermination pour arriver à ses fins.

Le troisième monde dans lequel nous plongeons a des airs de steampunk, mais cela ne suffit pas pour autant à classer ce second tome dans cette catégorie. Pourquoi ? Peut-être parce qu’on ne passe pas l’intégralité de l’histoire dans cette dimension. Les deux autres mondes restent très présents, ce qui fait que nous n’en apprenons pas assez sur ce nouveau monde. Partagée entre sévérité, austérité et progrès, cette dimension a du potentiel, et l’on croise les doigts pour y retourner dans le troisième opus.

Les personnages secondaires déjà présents dans le premier tome prennent de l’ampleur. Certaines révélations les concernant apportent quelques rebondissements au fil de la lecture (mais je n’en dirai pas plus). De nouveaux visages apparaissent et l’on sent à la fin qu’ils vont probablement réserver à Miriam quelques surprises.

Si vous avez apprécié le tome 1, je ne peux que vous encourager à lire la suite, car elle est vraiment à la hauteur. La plume de Stross est efficace et nous transporte sans difficulté dans cette histoire divertissante et qui change un peu.

Note: 3,75/5 

jeudi 17 novembre 2011

"Au douzième coup de minuit" de Patricia Wentworth



Quatrième de couv':

Comme tous les ans, James Paradine a réuni sa famille pour le réveillon de la Saint-Sylvestre. Mais cette année, au dessert, il lâche une bombe : l'un des convives l'a trahi gravement. Il donne au coupable jusqu'à minuit pour venir le retrouver dans son bureau et se " confesser ". Le Jour de l'An, au matin, on retrouve Sir James Paradine mort. Et ce n'est pas un accident... 

Par quel hasard étrange Maud Silver réside-t-elle pour quelques jours dans le village voisin? La charmante et excentrique vieille demoiselle, munie de son éternel tricot, ne pourra pas s'empêcher de mener sa propre enquête.


Avis:

Avec ce roman, nous plongeons dans l’Angleterre des années 40. Donc ambiance surannée assurée, et c’est très agréable et reposant. C’est le genre de bouquin à savourer avec une tasse de thé et des petits biscuits.
Miss Silver, aînée de Miss Marple, est l’incarnation de l’ « armchair detective ». Discrète, sympathique en tout point, elle passe son temps à tricoter. Mais attention, elle ne perd pas pour autant une miette de ce qui se dit autour d’elle. Et c’est grâce aux propos des uns et des autres qu’elle finit par résoudre l’enquête qui nous est présentée ici.
De l’enquête, je dirai qu’elle est plutôt classique avec une grosse impression de déjà-vu. Bien construite, elle reste assez évidente et l’on en vient à deviner progressivement qui est le coupable. Donc pas vraiment de révélations surprenantes à la fin. Si vous aimez les enquêtes policières au sein d’une famille où chaque membre à quelque chose à se reprocher, vous aimerez cette histoire.
Patricia Wentworth n’égale peut-être pas Agatha Christie quant à la complexité de l’intrigue, mais l’on sent très nettement l’influence qu’elle a dû avoir sur celle qui est devenue la reine du polar.
Même si ce livre ne révolutionne pas le genre, il reste une lecture plaisante qui se dévore en un rien de temps. Et je lirai sans l’ombre d’un doute les autres enquêtes de Miss Silver.

Note: 3/5

mercredi 16 novembre 2011

"Vieux démons" tome 1 Nightside de Simon R. Green



Quatrième de couv':
Je m'appelle Taylor, John Taylor. Ma carte de visite dit que je suis détective privé, mais en fait je suis plutôt un expert pour retrouver les objets perdus. Ça fait partie du don avec lequel je suis né... dans le Nightside. J'en suis parti il y a pas mal de temps pour sauver ma peau et ce qu'il me restait de raison. Aujourd'hui, je gagne ma vie au grand jour. Mais ces derniers temps, les clients se font rares. Aussi, lorsque Joanna Barrett a débarqué dans mon bureau, le fric suintant par tous les pores de sa peau, pour me demander de retrouver sa fugueuse de fille, je n'ai pas pu dire non. C'est là que j'ai découvert où sa fille s'était barrée. Dans le Nightside : deux kilomètres carré d'enfer en plein cœur de Londres, un endroit où il est toujours trois heures du mat' : où l'on croise des mythes à tous les coins de rue ; où l'on peut boire un pot avec un monstre. Faut pas s'y fier aux apparences et tout y est possible. J'avais juré de ne jamais y remettre les pieds. Mais une jeune fille est en danger, et sa mère compte sur moi. Alors je n'ai pas le choix : il faut que je rentre à la maison...



Avis:

Roman qui ouvre la série « Nightside », « Vieux démons » est loin d’être un ouvrage d’exception.

Simon R. Green nous sert une histoire plutôt banale, sans surprises et pas vraiment complexe ; ce qui peut agacer les passionnés de polars, habitués à des intrigues plus corsées. En fait, cette vraie fausse intrigue n’est là que pour servir de prétexte à une présentation de John Taylor et du Nightside, car la véritable histoire est sous-jacente et concerne le come-back de la mère du héros qui prendra très certainement de l’ampleur dans les tomes suivants. Roman d’introduction, il ressemble à un premier chapitre qu’on aurait étoffé de plein de détails souvent répétitifs. Le Nightside est étrange, ses habitants sont dangereux, etc; au bout d’un certain nombre de pages, cela m’a agacée de relire plus ou moins les mêmes choses. À croire que l’auteur nous prend pour des lecteurs incapables de capter l’atmosphère qui se dégage du Nightside. Ou alors était-il en manque d’inspiration, incapable d’approfondir son univers ? Au lieu de répéter sans cesse ce qu’on sait déjà, j’aurais préféré plus de descriptions.

Car le Nightside est envoûtant et intrigant. Ce Londres parallèle a des relents de « Neverwhere » de Neil Gaiman, et bien qu’il n’atteigne pas le même niveau, il a du potentiel. Monde nocturne, sa faune est bigarrée et nourrie d’intentions peu louables. Et même si j’aurais aimé plus de détails dans les descriptions, j’ai réussi à me créer une image de cet endroit. Le Nightside est vraiment le genre d’endroit qu’on verrait bien dans un film d’angoisse.

Si le Nightside peut apparaître comme un personnage à part entière, il ne faut pas oublier John Taylor, l’antihéros de l’histoire. Il est l’archétype du privé blasé et cynique créé par Dashiell Hammet dans « le faucon de Malte ». Difficile de ne pas penser à Sam Spade, même si je trouve ce dernier plus virulent que John Taylor qui apparaît dans certaines circonstances un peu mou du genou. Visiblement puissant et redouté dans le Nightside, John Taylor m’est apparu comme un type plutôt normal. C’est un personnage avec suffisamment de zones d’ombres pour éveiller notre curiosité. Que va-t-il lui advenir ? Que va-t-il découvrir sur lui-même et sur sa mère ? Bref, les questions se posent et donnent envie d’en savoir plus.

Le style de Simon R. Green n’est pas déplaisant, même si je lui reproche quelques dialogues un peu plats. Je me suis crue dans une série Z par moments.

Pour conclure, je dirais que ce livre ne marquera très certainement pas ma vie de lectrice, mais lorsqu’on veut décompresser c’est une lecture agréable. Je lirai certainement le tome 2, histoire comment Simon R. Green fait évoluer son histoire.

Note: 2,5/5

samedi 12 novembre 2011

"Chronique du soupir" de Mathieu Gaborit



Quatrième de couv':

Lilas, une naine flamboyante, a choisi, depuis la disparition de Frêne, son époux, de prendre sa retraite de Chef de la garde du palais de la Haute Fée pour ouvrir une auberge au bord de la mer, à l'endroit même ou Frêne s'est "ancré" pour l'éternité. Entourée de quelques amis et d'Errence, un elfe qui est aussi son amant, elle mène une existence un peu trop paisible à son goût.
Alors qu'elle s'interroge avec angoisse sur son devenir, son fils Saule, pourchassé par un groupe de miliciens au service de la Haute Fée, fait irruption dans l'auberge. Il serre dans ses bras une fillette de 10 ans, Brune, qui est à l'agonie.
Après quelques heures d'hésitation, et bien que pressentant l'immense danger qui émane de façon indiscible de la personnalité de Brune, Lilas décide de les protéger envers et contre tous.
Dans un monde dominé par les fées, nains, elfes et sirènes affrontent leur destin. Arriveront-ils à conquérir leur liberté ? C'est tout l'enjeu de leur quête.

Avis:
Je ne cacherai pas que j’ai attendu avec impatience la sortie de « chronique du soupir », et sa lecture bien que plaisante m’a laissée un peu sur ma faim. Ce court roman dont l’histoire est vite menée est loin d’être le meilleur de Gaborit ; même s’il illustre un agréable come-back de l’auteur. Même quelques semaines après sa lecture, je garde un sentiment mitigé. On a envie de dire que le livre est excellent, mais le fait est là : on reste sur notre faim.

En lui-même, le roman n’est pas véritablement mauvais. On nous plonge dans un univers qui nous échappe. Et même si l’on a quelques explications au fil des pages, il reste une sensation d’inaccessibilité jusqu’à la fin. Pourtant, l’univers que nous décrit Gaborit est intéressant (comme à chaque fois dans ses livres), et s’il avait bénéficié de plus de descriptions et d’éclaircissements, cela l’aurait davantage rendu attractif. Néanmoins, ce monde est envoûtant, poétique et tourmenté à la fois. Sous ses airs de contes initiatiques, « Chronique du soupir » n’est toutefois pas à mettre entre les mains des enfants à cause de quelques allusions sexuelles. On sent que ce roman marque une transition dans le travail d’écriture de l’auteur. On est loin de ce qu’on trouvait dans ses précédents livres et cela peut être déstabilisant, surtout si l’on est fan des « chroniques des crépusculaires » et des « chroniques des Féals ».

Même son style a changé. Epuré, minimaliste à certains moments… j’ai eu du mal à accrocher. Ce genre d’écriture me donne toujours l’impression qu’on a écrit le texte à la va-vite. Heureusement, Mathieu Gaborit a conservé cette capacité à nous plonger dans la magie avec des tournures de phrase poétique et un vocabulaire bien choisi.

Concernant les personnages, j’ai trouvé les personnages sympathiques à suivre. Mais ils manquaient dans l’ensemble de charisme ; hormis peut-être Lilas qui a une personnalité complexe faite de forces et de faiblesses. D'ailleurs, je déplore qu’on n’en sache pas davantage sur cette femme prête à tout pour sauver sa progéniture.

Vous aurez donc compris que « chronique du soupir » ne figurera pas dans mes coups de cœur de l’année 2011. Pourtant, je ne déconseillerai pas cette lecture. Car Mathieu Gaborit reste un bon créateur d’univers, avec cette fabuleuse capacité à nous expédier dans un monde féérique où la magie nous effleure à chaque ligne.

Note: 3/5

mardi 18 octobre 2011

"La fille de l'alchimiste" de Kai Meyer


Quatrième de couv':
Les derniers jours du XIXe siècle. Aura Institoris, une jeune fille au caractère bien trempé, a grandi dans le labyrinthe de couloirs obscurs du château de ses ancêtres, bâti sur un récif de la Baltique. Lorsque son père, l'alchimiste Nestor Nepomuk Institoris, est assassiné sur l'ordre de son plus terrible rival Lysander, Aura se trouve entraînée malgré elle au cœur d'un conflit entre initiés dont les racines remontent jusqu'au Moyen Age. Aux côtés de son frère adoptif, le sombre Christopher, la jeune fille décide de relever le défi et d'affronter le meurtrier de son père qui fomente ses plans dans les catacombes situées sous le palais de la Hofburg à Vienne. S'initiant à son tour aux terribles secrets de l'alchimie, elle va braver les intrigues et les dangers, croiser l'amour en la personne du mystérieux Gillian, le tueur hermaphrodite, et partir sur la piste du plus grand mystère de l'humanité : l'immortalité...

Avis:
« La fille de l’alchimiste » est mon premier Kai Meyer, et ne sera pas le dernier. Pourtant, ce livre est resté pendant trois ans sur mon étagère, restant sans cesse en bas de la PAL. Et aujourd’hui, je me demande encore pourquoi j’ai mis aussi longtemps pour le lire. Je pense que je m’attendais à une histoire très différente, plus féminine et plus édulcorée.


Kai Meyer nous offre un vrai roman fantastique, teinté de mystère, d’alchimie, d’action… Bref, tous les ingrédients sont réunis pour nous entraîner dans une aventure digne des plus grands romans-feuilletons. Et par chance, c’est un one-shot, fait assez rare dans la littérature de l’imaginaire où les auteurs nous abonnent parfois à d’interminables suites.

Je pourrais vous résumer l’histoire, mais cela vous révélerez une partie des mystères de ce livre. Donc je vais vous laisser avec la 4ème de couv’. En revanche, je peux vous dire que l’intrigue est sombre, tortueuse et surtout très malsaine. Tout ce qui pourrait choquer est néanmoins suggéré, donc pas de scènes réellement crues, mais la suggestion fait parfois plus d’effets. Coups de théâtre, meurtres, terribles secrets de famille, une quête vers l’Immortalité, inceste, pédophilie, hermaphrodisme… sont les ingrédients de ce roman palpitant que j’ai eu du mal à lâcher.

L’autre atout de « la fille de l’alchimiste », ce sont ses personnages. Difficile de rester insensible face à des êtres aussi complexes et torturés. Si vous cherchez des personnages lisses et qui rentrent dans des petites cases, ce n’est pas la bonne lecture. Ici, tous les protagonistes ont une face sombre qu’on est amené à détester au moins une fois dans l’histoire. Même les héros de cette aventure ne nous épargnent pas. Au début du roman, on se demande si l’on finira par s’attacher à l’un d’entre eux, et finalement on va prendre pitié d’eux. Car ce qui les attend n’est pas rose. Ils sont victimes de la folie d’hommes qui depuis des siècles tentaient par des procédés peu orthodoxes de conserver l’immortalité.

Comme mot de la fin, je dirais : « un livre à lire » !

Note: 4/5 

mardi 27 septembre 2011

"Pièges d'outre-tombe" (tome2 Harper Connelly) de Charlaine Harris



Quatrième de couv':
Depuis que j'ai été frappée par la foudre, je suis dotée de capacités hors du commun, c'est le cas de le dire. Je retrouve les morts et peux dire ce qui les a tués. Mais depuis que j'en ai fait mon job, je me suis fait des ennemis. Alors, quand en pleine démonstration de mes talents dans un ancien cimetière de Memphis, je tombe sur un corps fraîchement assassiné et plutôt compromettant... Suspectée, je n'ai d'autre choix que de découvrir la vérité.

Avis:

Pour être honnête, ce deuxième opus manque de palpitant. C’est un roman qui se laisse lire, mais il ne présente que peu d’intérêts ; hormis de détendre les neurones.


 Même si l’écriture de Charlaine Harris est toujours aussi fluide et nous transporte avec aisance dans l’histoire, j’ai trouvé l’histoire moins addictive. L’intrigue, bien que truffée de morts, n’a une fois de plus rien de surprenant et surtout il n’est pas compliqué de trouver l’identité du coupable et ses motivations… ce qui est dommage lorsqu’on lit un polar.


Les répétitions sont abusives et j’ai eu l’impression de lire un premier tome, car finalement rien n’a vraiment bougé depuis « Murmures d’outre-tombe ». L’intrigue concernant la disparition de la sœur d’Harper n’avance pas d’un poil. Il y a peut-être juste les sentiments d’Harper et Tolliver qui évoluent un peu.

En revanche, des personnages secondaires (qui j’espère, seront présents dans les tomes suivants) apportent une vraie touche d’humour dans le roman. Je parle bien sûr de la voyante Xylda et de son petit-fils Manfred. Ce sont deux vrais clichés, mais j’aime bien la relation qui s’installe entre eux et Harper et Tolliver.

Ma sensation générale : un livre détente qui ne marquera pas ma mémoire pour très longtemps.

Note: 2,75/3

jeudi 8 septembre 2011

"L'énigme du dragon tempête" de I.J. Parker



Quatrième de couv': 
Dans le Japon du XIe siècle, Sugawara Akitada, un jeune aristocrate sans le sou s'ennuie ferme à son poste de fonctionnaire au ministère de la Justice. D'où son enthousiasme lorsqu'on lui confie sa première mission d'importance : retrouver la trace des trois derniers convois d'impôts de la province de Kazusa qui ne sont jamais arrivés à la capitale. Accompagné de son fidèle intendant Seimei et de l'intrépide Tora, un ancien soldat de l'armée japonaise, Akitada est bien décidé à tirer cette affaire au clair. Mais la petite ville en apparence tranquille cache bien des secrets... Politiciens véreux, moines voyous et veuves joyeuses, seront autant d'obstacles à surmonter dans cette trépidante enquête qui mènera le valeureux Akitada à la source du mystérieux dragon tempête...

Avis:

« L’énigme du dragon tempête » est le premier tome des enquêtes de Sugawara Akitada, écrit par I.J. Parkers. Cette lecture ne s’est malheureusement pas soldée par un coup de cœur. Même si ce roman a reçu un prix littéraire, je n’y ai rien trouvé de sensationnel.


Le premier problème que j’ai rencontré s’est situé au niveau de l’écriture de l’auteur. Ce n’est pas mal écrit ; seulement le style hachuré et ponctué de phrases courtes manque de souplesse et finit toujours par me laisser indifférente. Dès le début, je me suis donc sentie en dehors de ce roman et la sensation a persisté jusqu’à la fin. L’auteur mise tout sur le mouvement et les dialogues. Alors, ce n’est pas mauvais en soi, mais pour une plongée dans un Japon féodal que nous méconnaissons, il aurait fallu davantage de descriptions, car là l’invitation à un voyage dans le temps est un peu raté (à mon sens… bien sûr). Par chance, je regarde de temps à autres des films et dramas d’époque qui se passent en Asie, car cela m’a permis d’imaginer les décors et d’autres détails. En revanche, j’ai trouvé agréable de placer l’intrigue au XIe siècle. Pour le coup, on n’a ni samouraï, ni geishas. C’est un Japon plus sobre que nous découvrons, et pourtant déjà très codifié.

Quant à l’histoire, elle n’a rien d’extraordinaire. L’idée de mêler deux enquêtes pour brouiller les esprits aurait pu fonctionner si l'on ne devinait pas si rapidement l’identité des coupables.

Ce roman a-t-il un atout ? J’ai envie de dire : ses personnages. Sugawara est un jeune homme de la ville, un peu blasé par sa vie de fonctionnaire. Satisfait de pouvoir enfin régler une affaire, il va prendre au sérieux son rôle. Et parfois son comportement peut prêter à sourire. Agaçant par certains côtés, il suscite finalement la sympathie. C’est en compagnie de son intendant Seimei (vieil homme que l’on voit trop peu) et de Tora (un ancien soldat peu respectueux, mais vaillant) qu’il va donc venir à bout de sa mission. Les personnages de ce roman, principaux ou secondaires, m’ont fait penser à ceux qu’on peut voir dans certains films asiatiques, frôlant parfois la caricature et toujours hauts en couleur. Cette galerie de personnages est certainement ce que j’ai le plus aimé dans le livre.

C’est donc une lecture qui aurait pu être bien plus agréable, mais qui se laisse toutefois lire. Est-ce que je lirai les deux tomes suivants ? Je ne sais pas encore. Je n’ai pas été entièrement convaincue, et pourtant j’aimerais savoir ce que va devenir le duo Sugawara/Tora. Mais si je me décide à poursuivre cette lecture, ce ne sera pas dans l’immédiat.

Note: 2,5/5

vendredi 2 septembre 2011

"La librairie des ombres" de Mikkel Birkegaard



Quatrième de couv':
A Copenhague, Luca, propriétaire d'une librairie, décède brusquement. Son fils, Jon, avec qui il a rompu tout contact depuis vingt ans, en hérite. Il découvre alors que son père était à la tête d'une société secrète de lettore, des personnes dotées de pouvoirs exceptionnels permettant d'influencer la lecture des autres mais aussi de les manipuler jusqu'au meurtre. Très vite, l'évidence s'impose : la mort de Luca n'a rien de naturel. Y a-t-il un traître parmi les membres de cette mystérieuse communauté ? Déterminé à venger son père, Jon se lance dans une quête à haut risque, dans un monde où les livres ont le pouvoir de vie et de mort.

Avis:

J’ai acheté ce roman après avoir flashé sur la couverture, puis sur le résumé. Les critiques négatives, voire assassines, que j’ai pu parcourir sur la toile étaient à deux doigts de me faire regretter mon achat, mais je l’avais et je voulais me faire mon propre avis. Heureusement d’ailleurs ! Bien sûr, après lecture, je ne qualifierais pas ce roman d’excellent, mais c’est un sympathique divertissement, très distrayant. En tout cas, pour un premier roman, je trouve que l’auteur s’en sort plutôt bien.


Ce livre qui est classé dans le domaine policier de chez 10/18 ressemble plus à un roman d’aventures mêlant thriller et fantastique. L’histoire commence bel et bien par un meurtre et ce ne sera pas le seul. Le but de l’intrigue n’est pas de découvrir qui est le méchant puisqu’on connait son identité assez vite. On se retrouve alors dans un roman d’aventures où les personnages principaux cherchent par tous les moyens à se dépêtrer d’une situation inextricable où tout est question de vie et de mort.

Pour ma part, je n’ai pas ressenti le moindre ennui en plus de 500 pages. On a l’impression d’être constamment en action.

Il y a plusieurs personnages, et pourtant je n’ai jamais eu la sensation de me perdre. On distingue bien les héros de ceux qui occupent une place secondaire. J’ai apprécié les personnages récurrents. Jon est en quelque sorte un héros malgré lui, qui est plongé dans un monde qui dépasse son imagination. Il a une personnalité plutôt sympathique, quoique parfois un peu naïve (surtout quand on voit la manière dont il se laisse berner et manipuler). Katherina employée dans la librairie est un personnage assez trouble, voire antipathique au début de l’histoire. Pourtant, elle va progressivement se métamorphoser et devenir presque le personnage phare de l’histoire.  J’adore son pouvoir et j’en aurais vraiment besoin pour me concentrer un peu plus ses mes lectures… Le troisième personnage marquant, c’est Muhammed. Geek, accro aux jeux en ligne, il est un client de Jon et son humour est le bienvenu dans cette aventure. Plus on avance dans l’histoire, plus on sent qu’il sera un réel atout dans le déroulement des événements finaux. Il y a bien sûr d’autres personnages, tout aussi intéressants, mais je vais éviter le listing.

C’est un roman qui ne se prend pas au sérieux et qui ne demande pas de chercher midi à quatorze heures. Qui veut se détendre trouvera de quoi passer le temps agréablement. De plus, l’auteur nous épargne une énième histoire sur les templiers, illuminati, francs-maçons, et autres sociétés secrètes ; ce qui est plus qu’appréciable. Un peu d’originalité ne fait pas de mal. Alors, bien évidemment, il faut adhérer au côté fantastique et farfelu de la chose, donc si vous êtes plutôt terre-à-terre, il vaudra mieux que vous passiez votre chemin. Car les « lettore » ne sont pas des êtres anodins et sont capables de choses merveilleuses ou terrifiantes en utilisant un livre. On regarde un bouquin différemment après cette lecture^^

Note: 3,5/5

mardi 30 août 2011

"Mr Shivers", Robert Jackson Bennet


Quatrième de couv':
C’est l’époque de la Grande Dépression. Par milliers, les gens quittent leur foyer, à la recherche d’une meilleure vie. Mais Marcus Connelly n’en fait pas partie. Lui ne cherche qu’une chose : la vengeance. Passager clandestin des chemins de fer, le vagabond couvert de cicatrices qui a tué la petite fille de Connelly, rôde dans les campements de ceux qui ont tout perdu. Nul ne connait son identité mais tout le monde connaît son nom : Mr. Shivers. C’est l’histoire d’une Amérique hantée par la mort et le désespoir. Un monde dans lequel un homme doit affronter une sombre vérité et répondre à une question : jusqu’où est-on prêt à aller pour obtenir satisfaction ?


Mon avis:

Que dire, si ce n’est que « Mr Shivers » n’aura pas comblé toutes mes attentes. L’auteur a conduit son histoire sur un chemin inattendu, mais peu original malheureusement. C’est une lecture qui a fini par me lasser passé un certain nombre de pages. La cause de cet ennui ? Il n’y a pas beaucoup de mystère au niveau de l’intrigue.

« Mr Shivers » m’a fait l’effet d’une nouvelle qu’on aurait étoffée avec plein de détails pas toujours très utiles, notamment au niveau des rencontres que font les personnages principaux tout au long de leur périple. Hormis ce qu’on sait déjà et qui est confirmé plusieurs fois, on attend des révélations... en vain. On guette le coup de théâtre qui rendra cette histoire exceptionnelle, mais rien ne vient. L’identité de Mr Shivers n’est pas un mystère, et ce dès le début de l’histoire. Et le final, plutôt brouillon, ne m’a guère surprise. De même qu’aucun des protagonistes ne m’a touchée. J’aurais aimé qu’ils aient des personnalités plus marquées.

Hormis, ces points négatifs, j’ai envie de dire que l’auteur possède un style très fluide et donc très agréable à lire, qu’il a une merveilleuse capacité à créer une atmosphère sombre illustrant à la perfection l’ambiance de son roman. De plus, on sent clairement qu’il s’est bien documenté sur l’époque dans laquelle il place son récit. Cette période, c’est la Grande Dépression. Nous plongeons vraiment dans cette Amérique victime de la crise, où les gens fuient l’Est pour trouver du travail dans l’Ouest. Au centre, on trouve la désolation, la sécheresse et la famine. On rencontre le long des rails de chemin de fer des campements de fortune, où les hobos attendent de s’engouffrer dans les trains de marchandises. La misère et la violence sont le quotidien de ces hommes et de ces femmes qui gardent néanmoins l’espoir d’un avenir meilleur. J’ai très bien adhéré à l’aspect historique et sociologique de ce roman ; je crois même que c’est ce que j’ai préféré.

Alors, bien que je n’aie pas aimé plus que de raison ce roman, je ne le déconseille pas pour autant. Il n’est pas mauvais, juste que je n’ai pas été le meilleur des publics.

Note: 2,75/5 

jeudi 18 août 2011

"Cuisine sanglante" de Minette Walters


Quatrième de couv':
D’où provenait la fascination qu’exercait Olive Martin ? Du spectacle grotesque de son mètre cinquante-cinq pour quelque cent vingt kilos ? De sa sinistre notoriété ? De la répulsion qu’elle inspirait ? Elle avait débité sa mère et sa sœur en morceaux qu’elle avait rassemblés sur le sol de la cuisine en une composition abstraite sanguinolente. L’énormité du crime, jointe à l’impression terrifiante que sa silouhette apocalyptique avait produite sur les membres du tribunal lui avaient valu une condamnation à perpétuité. Le crime mis à part, ce qui rendait son cas exceptionnel, c’est qu’elle avait plaidé coupable et même refusé de répondre.
Dès sa première rencontre avec Olive Martin, Rosalind Leigh, qui a accepté non sans dégoût d’écrire un livre sur elle, a le sentiment que la meurtrière obèse n’est pas coupable. Mais alors pourquoi ces aveux ? Qui protège-t-elle ? Et pourquoi ?


Avis:
Il existe des livres qu’on laisse traîner sur les étagères pendant des années avant de les lire. C’est le cas de « Cuisine sanglante », pourtant il aurait mérité d’être lu bien plus tôt. C’est mon premier Minette Walters, et ce ne sera pas le dernier. J’ai été captivée par cette intrigue.


Dans cette histoire, nous suivons Roz, chargée par son éditrice d’écrire sur Olive Martin. Cette dernière est enfermée en prison, accusée d’avoir tué et dépecé sa mère et sa sœur. Bien sûr, il va vite apparaître aux yeux de Roz que la jeune femme n’est peut-être pas la coupable de ce massacre. Pendant près de 350 pages, l’objectif va être de remettre en place les puzzles d’un malheureux drame. Cette intrigue m’a fait penser à ces faits divers sordides qu’on peut lire dans les colonnes du journal.

Minette Walters est une habile narratrice qui sait maintenir le suspens en brouillant les pistes, en multipliant les suspects, en révélant les secrets des uns et des autres. Elle a du talent, et j’ai eu beaucoup de mal à me détacher de ce roman tellement j’étais captivée. Plus j’avançais et plus j’avais envie de savoir la vérité. On perçoit la vérité progressivement, même si un léger doute persiste dans les dernières lignes du livre.

L’autre point fort de « Cuisine sanglante », ce sont les personnages. Minette Walters nous peint une galerie de personnages tous plus intéressants les uns que les autres. Qu’ils soient principaux ou secondaires, ils m’ont tous marquée à leur façon. On n’a pas d’un côté les bons et de l’autre les mauvais. Ce sont des êtres humains, faits de forces et de faiblesses.

Je n’en dirai pas plus sur cette intrigue pour éviter les spoils. Juste un conseil, si vous aimez les polars : lisez-le, si ce n’est déjà fait !

Note: 4/5

mardi 9 août 2011

"Les revenants de Whitechapel" de George Mann



Quatrième de couv':

Bienvenue dans un Londres victorien, étrange et dangereux. Chaque jour, de nouvelles découvertes technologiques viennent améliorer la vie des Londoniens: des dirigeables sillonnent le ciel alors que des automates sont à leur service. Mais sous le vernis du progrès se cachent de sombres événements.
Sir Maurice Newbury et sa charmante assistante Miss Veronica Hobbes doivent enquêter sur le crash d’un dirigeable et la disparition de son pilote automate, tout en investiguant sur les apparitions mystérieuses d’un policier fantôme à Whitechapel...

Mon avis:
Ce roman, je l’attendais avec impatience et sa lecture m’a vraiment comblée.


L’auteur mélange avec habileté les genres et le résultat est efficace. Dès les premières pages, on se laisse emporter dans cette enquête teintée de fantastique et de steampunk. Il m’a fait vaguement penser au roman de Fabrice Colin et Matthieu Gaborit « Confessions d’un automate mangeur d’opium », avec une intrigue elle aussi centrée autour d’automates. George Mann nous plonge en 1901, dans un Londres humide et brumeux où les voitures à cheval côtoient des technologies plus modernes : dirigeables, véhicules motorisés ou encore des trains de surface. C’est suffisamment bien décrit pour parvenir à s’imaginer dans ce Londres alternatif.

De l’action, des rebondissements, du mystère, un zeste d’humour et de bienséance so british, c’est le cocktail que nous réserve George Mann. Tout est parfaitement dosé et maîtrisé pour qu’à aucun instant on ne sente poindre l’ennui. J’émettrai un petit bémol sur le manque de complexité de l’intrigue, puisque tout y est assez prévisible. Mais ceci n’est qu’un détail, car pour un premier tome, la qualité est au rendez-vous et, avouons-le, c’est follement divertissant.

Si vous aimez le duo Sherlock Holmes & Watson ou encore celui de John Steed & Emma Peel, alors vous adorerez le tandem Newbury & Hobbes. Leur relation est le point fort de ce livre. Plaisante, un peu guindée parfois, cette association ne manque pas d’intérêt. Ne vous attendez pas à une histoire d’amour, il n’y en a pas, même si un léger jeu de séduction s’installe par moments. Ces deux héros qui peuvent paraître assez classiques du point de vue du traitement nous réservent quelques surprises, des secrets pas très glorieux… du genre de ceux qui font tache dans la bonne société londonienne de ce début de XXe siècle.

Lecture des plus plaisantes, « les revenants de Whitechapel » est à savourer sans modération, dans lequel on ressort un peu ébouriffé tant l’action est omniprésente.

N’hésitez vraiment pas à le lire !

Note: 4/5





vendredi 29 juillet 2011

"Le magasin des suicides" de Jean Teulé


Quatrième de couv':
Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort ! Imaginez un magasin où l'on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l'humeur sombre jusqu'au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre...

Avis:

C’est un peu par hasard que je suis tombée sur « le magasin des suicides » de Jean Teulé, dont je n’avais jamais lu aucun livre.

Imaginez une réalité alternative où il est possible de faire commerce du suicide. C’est ce qu’imagine l’auteur dans son roman.

Bienvenue donc dans « le magasin des suicides » tenu par la famille Tuvache, spécialistes du suicide de père en fils et de mère en fille. Dans cette boutique, on y trouve absolument de tout pour passer de vie à trépas : des poisons, des cordes, tout l'attirail pour se faire harakiri, des kits de suicide pour en finir avec la vie comme sa star préférée, etc. Fan d’humour noir, je dois avouer que cette idée de départ m’a plus que séduite. Pourtant, la séduction a été de courte durée. Même si l’humour noir fonctionne, et m’a décoché quelques rires et sourires, le reste n’a pas suivi.

J’ai eu l’impression de me retrouver dans un des ces films comiques que le cinéma français affectionne où passé le premier quart d’heure on finit par se lasser, parce qu’on se rend vite compte que l’histoire manque de profondeur et d’intérêt. C’est ce qui arrive ici. Tout manque d’approfondissement. Les descriptions ne sont plus à la mode, alors on n’en met presque pas. À quoi ressemblent les personnages ? Aucune idée. Les clients sont ce qu’ils sont censés être, c'est-à-dire des individus parmi tant d’autres qui veulent juste en finir avec leur misérable existence. Aucun ne m’a vraiment marquée. La famille Tuvache est l’image de son patronyme : populaire et parfois lourdingue aussi dans le langage que dans l’attitude. L’histoire ? C’est le quotidien de cette boutique et de cette famille qui a un vilain canard dans ses rangs. Le petit garnement est Alan, le dernier né de la famille. Souriant à la vie, il fait tache dans cette famille qui voue sa vie à la mort et au désespoir des autres. La fin est malheureusement trop évidente et pour le coup l’effet de surprise escompté n’a pas lieu.

Je ne m’attarderai pas sur le style de l’auteur que j’ai trouvé déplorable.

Il y avait là une histoire avec du potentiel, mais son traitement a tout gâché. Je préfère encore me regarder « la famille Addams » ou les films de Tim Burton. Un livre vite lu et qui sera vite oublié.

Note: 1/5

"Le papillon de papier" de Dian Wei Liang


Quatrième de couv':
Pas facile de retrouver dans une ville survoltée, une pop star rebelle disparue depuis plusieurs jours ! La détective privée Wang Mei n'a que quelques mots d'amour et un papillon de papier pour la guider dans Pékin où, des taudis tentaculaires aux buildings flambant neufs, plane l'ombre tragique du soulèvement de la place Tian'anmen. Trahison et vengeance dans une Chine tourmentée par les fantômes de son passé.

Avis:

Le papillon de papier est le premier roman de Diane Wei Liang que je lis, et j’ai plutôt apprécié cette découverte.


Avec ce roman, nous nous retrouvons en Chine, vers la fin des années 90, presque dix ans se sont écoulés depuis les événements de la Place Tian’anmen. Nous découvrons un pays bouillonnant, en pleine marche vers un modernisme galopant et qui tente, tant bien que mal, de laisser le passé douloureux et sombre du communisme derrière lui. Pourtant, il est difficile d’occulter ce pan de l’histoire lorsque les institutions semblent fonctionner comme à l’époque. C’est d’ailleurs cette peinture sociale d’une Chine en pleine mutation que j’ai le plus aimée dans ce livre.

Mais ce roman, c’est aussi une enquête, menée par Wang Mei. Ancienne fonctionnaire au Ministère de la Sécurité, elle s’est reconvertie en détective privé, métier interdit en Chine. Cette jeune femme est à l’image de son pays. Elle se défait des codes imposés par la société, en restant célibataire, en s’imposant comme l’égale de l’homme, détail important surtout dans un pays fortement patriarcal. Elle s’éloigne des institutions et commet l’affront d’exercer une profession illégale, quitte à risquer sa vie. Mais comme la Chine, elle est fragile. Elle porte les stigmates d’un passé pas si lointain que cela. Prisonnière de ses regrets de ne pas avoir participé aux événements de la place Tian’anmen et d’un triste secret familial, Wang Mei est donc la plus à même de résoudre l’enquête sur la mort d’une chanteuse en vogue. Au fil de cette intrigue, la Chine se dévoile peu à peu, et c’est sur un drame humain des plus poignants que nous débouchons, illustration même de la mauvaise influence que la terreur instaurée par une dictature peut avoir sur l’homme.

Loin d’être un coup de cœur, ce livre n’en reste pas moins une agréable lecture qui donne envie de parcourir la précédente enquête de Wang Mei, jeune détective pleine de promesses.

Note: 3,5/5