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dimanche 9 janvier 2011

[J.Drama] LIFE





Pas toujours complètement convaincue par les dramas japonais, j’ai pourtant eu un petit coup de cœur cette semaine pour « Life » que j’ai dévoré en un jour et demi. Ce drama est l’adaptation du manga, du même nom, de Keiko Suenobu. Contrairement à d’autres « dramas scolaires » que j’ai pu voir, le ton est hyper sérieux, pas de place à l’humour. Après tout, il est question du triste sujet qu’est l’ijime c’est-à-dire de la persécution.
Dans cette histoire en 11 épisodes, nous suivons la jeune Ayumu. Élève médiocre, elle n’a aucun espoir d’intégrer Nishikan, un lycée d’excellence. Shii, sa meilleure amie, a quant à elle toutes ses chances d’entrer dans ce lycée. La perspective d’être séparées inquiète Ayumu qui demande à Shii de l’aider à préparer le concours d’entrée. Seulement le jour des résultats est un vrai choc pour les deux amies. Alors qu’Ayumu réussit, Shii découvre avec effroi qu’elle ne pourra pas intégrer Nishi. Contrariée, elle brise son amitié avec Ayumu qu’elle juge responsable de son échec.
Ayumu intègre alors Nishi, accablée par la culpabilité et sous pression à cause de sa mère qui veut à tout prix la voir réussir. Alors qu’elle se destine à la solitude afin de ne plus blesser personne, elle attire la sympathie de Manami, la coqueluche de la classe. Alors que leur amitié semble se renforcer, Ayumu est victime de la perversité de Katsumi, le petit ami de Manami. À la suite de cet épisode, une rumeur naît, brisant les liens qui unissaient Ayumu et Manami.
Dès lors, le quotidien d’Ayumu devient un véritable enfer. Au menu, ce sont des brimades, des coups, de l’humiliation, des accusations injustifiées… Au fil des épisodes, la situation semble s’enliser et l'on en vient à se demander si tout cela ne va pas finir de manière tragique.

Si je dois vous conseiller un « drama scolaire » sérieux, c’est bien celui-là. Les facettes les plus sombres de la vie des adolescents japonais s’y trouvent : persécution, viol, suicide… On y évoque aussi la pression qui pèse sur les épaules de ces gamins qui ont pour obligation d’être les meilleurs partout. Tout cela cumulé, il n’est donc pas étonnant de voir ces jeunes déraper, allant du repliement sur soi à la démence.
Ce qui m’a le plus énervée dans cette série, c’est l’attitude méprisable du corps enseignant, qui pratique sans vergogne la politique de l’autruche. Cette indifférence généralisée est ce qui favorise la pratique de l’ijime et qui entraîne le manque de confiance que les ados ont à l’égard des adultes.

Du coup, le visionnage de ce drama me donne envie de me plonger dans le drama, histoire de voir les différences qu’il y a entre les deux supports.

samedi 1 janvier 2011

"Battle Royale" (le livre) Vs. "Battle Royale" (le film)

Quatrième de Couv':
Dans un pays asiatique imaginaire existe un programme gouvernemental connu sous le nom de Battle Royale. Chaque année, une classe de 3e est choisie au hasard, emmenée sur une île coupée du monde, et les collégiens doivent combattre entre eux jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un survivant... Ceci afin de servir d'exemple à la population, à la jeunesse particulièrement, et aussi de recueillir des statistiques sur le temps mis par le champion à éliminer ses camarades. Version contemporaine sur vitaminée de Sa Majesté des Mouches, de William Golding, Battle Royale a défrayé la chronique à sa publication, avant de devenir l'un des plus grands best-sellers de l'édition nippone.






Résumé du film:

Dans un avenir proche, les élèves de la classe B de 3ème du collège Shiroiwa ont été amenés sur une île déserte par une armée mystérieuse. Un adulte surgit tout à coup devant eux : leur ancien professeur Kitano. Il leur annonce qu'ils vont participer à un jeu de massacre dont la règle consiste à s'entretuer. Seul le dernier des survivants pourra regagner son foyer. Kitano leur présente deux nouveaux élèves très inquiétants. Des coups de feu retentissent pour convaincre les incrédules. Selon la loi de réforme de l'éducation pour le nouveau siècle, ce sacrifice permettra de former des adultes sains. Abandonnés chacun à son sort avec de la nourriture et une arme, les adolescents disposent d'un délai de trois jours pour s'entretuer. Pour empêcher toute tentative d'évasion, ces derniers portent autour du cou un collier explosif qui se déclenche à la moindre désertion.





Mon avis:

Battle Royale… voilà un film qui a marqué les esprits par sa violence. Tout droit venu du pays du soleil levant, il est apparu comme une sorte d’ovni à l’époque de sa sortie. Le concept et l’absurdité de l’histoire, ses litrons de sang, des morts surjouées ont fait la popularité de ce film gore pour ados en mal de sensations fortes. Battle Royale incarne très bien le délire à la sauce nippone, qu’on aime… ou pas. Personnellement, j’adhère et j’adore. Bien sûr, presque dix ans après le premier visionnage, je dois avouer qu’il commence à faire bien kitch, même s’il se laisse toujours regarder avec plaisir.

Mais Battle Royale, c’est avant tout un roman, écrit en 1999 pour être précis, et qui est rapidement devenu un best-seller au Japon ; et on ne s’en étonne pas lorsqu’on lit ce petit pavé de 830 pages (cf. éd. Livre de Poche). Comme il fallait s’y attendre, le film est sensiblement différent du roman. Alors que la version cinématographique met à l’index les problèmes de délinquance, et la nécessité de se débarrasser des éléments perturbateurs, le roman quant à lui présente le jeu à la fois comme une expérience (comment réagissent les individus dans une situation extrême et surtout combien de temps le gagnant arrive à bout de ses camarades) et le moyen d’asseoir l’autorité du gouvernement en instaurant la crainte de l’autre. Une fois que l’individu intègre l’idée qu’il peut être trahi à tout moment et par n’importe qui, il se repliera sur lui-même et n’éprouvera donc pas le désir de se regrouper pour se rebeller contre le système.

Le but du jeu ne change pas d’un support à l’autre : Rester le dernier envie coûte que coûte.

À partir de là, débute l’avalanche de violence. Que ce soit dans le film ou le roman, elle est omniprésente. Le réalisateur Kiji Fukasaku prend le parti de nous proposer plus de 1 h 45 de scènes ridiculement gores où les gamins mettent un temps fou à trépasser. Même avec plusieurs balles dans le buffet, ils tiennent encore debout et continuent à lutter. Dans le livre, le rendu m’a semblé moins gore. Je pense que cette sensation vient du fait que Koushun Takami ne s’attarde jamais très longtemps sur ces scènes et qu’il évite de tomber dans le piège de la surenchère dans ses descriptions. Et puis, la violence n’est pas la seule motivation de l’auteur.

Battle Royale est avant tout un texte où la psychologie et l’analyse de société tiennent une place importante. Contrairement au film, le livre nous présente chacun des élèves au fil des pages. Il faut quand même préciser qu’ils sont au nombre de 42, donc c’est un vrai défi que de s’attarder sur chacun d’entre eux. Ainsi en quelques pages, on peut rapidement se faire une idée sur chacun d’eux. Takami nous fait part aussi de leurs angoisses et de la paranoïa qui les gagne peu à peu. C’est ce qui est à mon sens le plus touchant dans ce livre, car impossible de ne pas se demander ce que nous ferions si nous nous trouvions dans la même situation. Différents cas de figure sont présentés : le suicide, tuer qu’en cas d’extrême nécessité, tuer pour le plaisir, tuer pour gagner à tout prix parce qu’on se croit le meilleur, trouver le moyen de contrer le système, chercher à se réunir… Et j’en oublie. Dans tous les cas, on peut aisément se retrouver dans un de ces personnages.

Autre chose que nous ne retrouvons pas dans le film, c’est la dénonciation d’un système politique fasciste. J’ai bien apprécié l’approche de Takami, simple et directe. Nous découvrons ce monde à travers les propos de Kawada (mon chouchou dans l’histoire). Il n’est pas du genre à se bercer de douces illusions. Le pire, c’est qu’on retrouve des similitudes avec notre réalité… mais je n’en dirai pas davantage. À vous maintenant de découvrir ce roman qui malgré son épaisseur se dévore sans mal.

Note: 5/5

jeudi 9 décembre 2010

Going by the book (Film, Corée, 2007)


Genre: Comédie policière
Année: 2007

Réalisateur: LA Hee-Chan

Acteurs: Jeong Jae-Young / Son Byung-Ho / Lee Young-Eun / Min Ji-Hwan / Go Chang-Seok


Résumé: Face à la recrudescence des braquages de banques à Sam-po, petite ville sud-coréenne, le nouveau commissaire met en place un exercice simulant une attaque de banque. Chacun au commissariat se voit attribuer un rôle, et Jung Do hérite de celui du faux braqueur. Très impliqué dans sa fonction de policier, il va l'être tout autant dans celui de voleur. Déjouant à chaque fois les tentatives d'intervention de ses collègues, Jung Do donne une nouvelle dimension à cette fausse prise d'otage, tournant en bourrique ses supérieurs.




Mon avis:
C'est tout simple, j'ai adoré ce film.


J'avais lu en biais le résumé et m'attendais à une histoire de braquage assez classique, de celles que nous offrent de temps à autres les américains. Ici, on s'éloigne du schéma traditionnel et c'est bien agréable.


L'histoire est bien menée, car on se demande tout au long du film comment va se terminer cette fausse prise d'otages. On aurait pu avoir un final des plus tragiques, comme on a l'habitude avec les coréens, mais au final ils ont su rester dans le ton de la comédie jusqu'au bout.


Ce qui fait la réussite de ce films, ce sont vraiment les personnages:


Jun Do: c'est le pauvre type, trop gentil, trop sérieux dans son travail et celui dont on se moque au commissariat. En incarnant le rôle du braqueur, il va prouver à tout le monde qu'il est loin d'être aussi nul qu'il paraît. Impossible de ne pas l'aimer.


Les otages: ils sont des clients, des employés de la banque et de vrais flics déguisés en faux clients. Au départ, ils contestent la trop grande implication de Jung Do dans son rôle de braqueur. Il cherchent le moyen de le faire échouer dans sa mission. Puis peu à peu, une complicité entre eux et Jung Do s'installe. Les scènes dans la banque sont d'ailleurs celles qui m'ont le plus amusée.


Le commissaire: c'est celui qu'on déteste. Carriériste, il est là pour gravir les échelons. Usant de la presse pour essayer de se faire valoir lors de cet exercice; il va finir par perdre la face.


Un film à visionner pour se donner le sourire (et je pense que je n'hésiterai pas à le visionner de nouveau).